Lundi soir, à l'entrée du conseil communal de Nivelles (Brabant wallon), des travailleurs de la bibliothèque publique rejoints par des citoyens ont manifesté contre les préavis qui vont être tout prochainement envoyés aux 17 membres du personnel de l'asbl Promo Lecture, asbl qui gère le prêt et différentes activités de la bibliothèque de Nivelles.
Le conflit trouve sa source dans un problème de financement. Les syndicats réclament le gel de l'envoi des préavis. Une réunion entre les représentants des travailleurs et l'échevine de la culture est prévue mardi après-midi. Actuellement, les préavis sont envisagés à titre conservatoire, dans l'attente d'une réorganisation de la bibliothèque publique pour séparer clairement les missions de la bibliothèque centrale de la Communauté française et la bibliothèque locale, qui co-existent actuellement dans les mêmes locaux à Nivelles.
Les syndicats ont rencontré lundi en fin d'après-midi la Communauté française. De retour de ces rencontres, ils plaidaient à l'entrée du conseil communal pour un gel de l'envoi des préavis. "Post-poser l'envoi des préavis permettra de discuter de manière plus sereine. Parce que depuis quelques jours, les choses s'emballent et le climat n'est pas propice pour chercher des solutions qui évitent de passer par des licenciements. Ces solutions existent et c'est pour cela que nous allons rencontrer l'échevine de la culturel mardi", indiquait sur place Fatima Daidou, de la CNE.
Du côté du collège communal de Nivelles, on se dit conscient de l'angoisse des travailleurs et des craintes des citoyens sur l'avenir de la bibliothèque. Mais on rappelle qu'il n'est pas question d'une fermeture de la bibliothèque : seulement d'une réorganisation, qui passe par des discussions qui vont s'ouvrir dans les prochains jours. D'après les responsables de bibliothèque, le personnel est piégé dans une lutte politico-financière entre la Ville de Nivelles, la Province et la Communauté française.
L'asbl Promo Lecture emploie actuellement 17 personnes sous statut APE - traitements payés par la Région wallonne via le Forem - avec un complément de salaire versé par la Ville et la Province du Brabant wallon. Mais la quote-part de ces dernières ne suffit plus. La Communauté française injecte 1.104.000 euros par an pour faire vivre la bibliothèque de Nivelles. Le conseil d'administration de l'asbl s'est tourné vers la Ville et la Province pour augmenter leurs subventions.
Ces dernières renâclent, alors que leur financement ne dépasse pas les 40.000 euros. Par ailleurs, un comité de soutien s'est mis en place à l'initiative de plusieurs citoyens, et une pétition circule sur Internet pour soutenir le personnel de la bibliothèque de Nivelles. (belga)
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