"Je suis un monstre", confesse le ravisseur
La Cour d'assises de Liège, décentralisée à Verviers, a poursuivi ce mardi, avec l'audition des enquêteurs et du juge d'instruction, le procès de Benoît Dewilde, un Disonais de 22 ans accusé de tentative d'assassinat, d'enlèvement, de viol, d'attentat à la pudeur et de coups sur la personne d'un enfant âgé de 9 ans à l'époque des faits, qui s'étaient déroulés le 14 juillet 2006 à Verviers.
Le Disonais avait emmené en balade l'enfant d'une amie pour assouvir ses penchants pervers. S'arrêtant durant la promenade en voiture, il avait violé sa victime. L'enfant déclarant qu'il allait en parler à sa mère, Benoît Dewilde l'avait frappé puis étranglé. Le pensant mort, il avait ensuite mis le corps dans la voiture avant de s'arrêter sur un petit chemin du côté de Jalhay.
Laissé dans la natureRetiré du coffre, l'enfant avait alors réagi en mettant son bras autour du cou du Disonais, qui surpris, avait lâché l'enfant avant de le frapper à trois reprises avec une pierre au niveau du crâne. Il avait abandonné le corps à cet endroit. Le lendemain, deux promeneurs découvraient l'enfant dans un état critique.
BisexualitéLes enquêteurs ont d'abord expliqué avoir vérifié l'emploi du temps de Benoît Dewilde. L'accusé avait été vu à cinquante mètres du lieu où l'enfant avait été retrouvé. Confronté à cet élément, Benoît Dewilde qui, au moment de cette nouvelle audition, savait que sa victime avait été retrouvée vivante, était passé partiellement aux aveux. Il avait aussi abordé sa bisexualité et son attirance pour les jeunes enfants.
"Pas d'autre choix"Ses déclarations allaient évoluer au fil des éléments matériels qui seront découverts par les enquêteurs. Que ce soit sur les lieux de la découverte du corps ou au domicile de la mère de l'accusé. "Lors de sa dernière déclaration du 16 juillet, il nous a dit être un monstre. Il n'avait pas d'autre choix que de tuer l'enfant car il avait déjà été trop loin", a témoigné l'un des enquêteurs. Les enquêteurs relèveront aussi la froideur avec laquelle Benoît Dewilde a réagi lorsqu'il a appris que l'enfant avait été retrouvé vivant.
Phantasmes et scénariosLa chef d'enquête a ensuite retracé dans le détail les faits commis par Benoît Dewilde. Elle a précisé que l'accusé était obsédé par sa victime depuis juin 2006 et qu'il espérait mettre à exécution un des scénarios, lus à la Cour, qui ont été retrouvés sur son ordinateur. La chef d'enquête reviendra aussi sur les aveux de l'accusé, soulignant que le rouleau de scotch avait été prévu sciemment en cas d'exécution du scénario. Elle a précisé à ce propos que l'enfant, interrogé le 5 juin 2008, a déclaré avoir été bâillonné avant que Benoît n'abuse de lui. "Il ne pouvait donc réagir", a-t-elle ajouté.
Photos
La Cour et le jury ont aussi pu découvrir des photos de la reconstitution, des lieux où l'enfant a été laissé pour mort ainsi que les séquelles des coups de pierre portés par Benoît Dewilde qui est resté prostré durant toute la diffusion, la tête entre les mains.
Rapports psychologiquesBéatrice Absolonne, la juge d'instruction, a ensuite expliqué les grandes lignes de l'instruction du dossier. Elle a aussi abordé les rapports psychologiques soulignant qu'aux yeux des experts psychiatres "un risque non négligeable voire élevé de récidive existe dans le chef de l'accusé". Elle a aussi reconnu que le Disonais avait à plus d'une reprise manifesté du regret. La Cour entendra les experts ce mardi apès-midi. (belga/7sur7)