Kris Peeters, ministre-président flamand, et Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française.
"La Région bruxelloise, avec des compétences propres et un territoire propre, peut encore avoir une place de capitale du pays, mais ne peut plus constituer la capitale de la Flandre", selon M. Demotte.
Rudy Demotte, le ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, plaide, dans une interview publiée dans l'hebdomadaire Knack, pour un Etat fédéral avec trois régions fortes. "La Région bruxelloise, avec des compétences propres et un territoire propre, peut encore avoir une place de capitale du pays, mais ne peut plus constituer la capitale de la Flandre", selon M. Demotte.
Depuis la fin mars, M. Demotte occupe à la fois le poste de ministre-président de la Wallonie et de la Communauté française. Peu après sa nomination, il a lancé l'idée, aux côtés du ministre-président bruxellois Charles Picqué, d'une fédération Wallonie-Bruxelles, favorisant un rapprochement entre les deux régions.
"Seule une construction se basant sur trois régions semblables peut mener à un équilibre institutionnel stable et adulte", ajoute à présent M. Demotte. Les trois régions doivent également trouver des solutions pour protéger, sur leur territoire, les minorités provenant des autres communautés, estime le ministre-président. Il s'agit des Flamands à Bruxelles, des germanophones en Wallonie et des francophones dans les communes à facilités.
M. Demotte ne croit pas que son fédéralisme puisse résulter en un affrontement de deux régions contre une, comme pourrait le prétendre ses détracteurs. "Même dans un fédéralisme à trois, la Flandre pèserait le plus dans la balance. En outre, ce raisonnement peut être inversé: peut-être que Bruxelles et la Wallonie ont peur aujourd'hui que la force économique de la Flandre pèse tellement sur le processus décisionnel fédéral, qu'il ne soit dès lors plus équilibré", selon M. Demotte.
Quoi qu'il en soit, il faut pour M. Demotte instaurer, dans ce système, un droit de veto pour les régions. Chaque région doit pouvoir l'utiliser à n'importe quel moment s'il s'avère que ses intérêts sont bafoués par une autre région ou l'autorité fédérale. Par ailleurs, M. Demotte voit encore beaucoup de problèmes avant qu'un accord communautaire intervienne d'ici le 15 juillet. "Il n'y a pas de bons modèles disponibles pour une réforme de l'Etat. Et c'est précisément ce dont nous, francophones, avons peur et ce qui fait souffrir aujourd'hui toute la classe politique: le vide." (belga)


