Les patrons belges font de la discrimination sans le savoir

Plus de la moitié des entreprises seraient enclines à engager une femme qui n'est pas enceinte au lieu d'une candidate de même qualité professionnelle qui attend un enfant, selon une étude menée par le cabinet d'avocats Field Fisher Waterhouse auprès de 130 grandes et moyennes entreprises belges.
Les résultats de cette enquête sont commentés mercredi dans les journaux
L'Echo et
La Libre Belgique. Plusieurs formes de discrimination semblent tenaces. Ainsi, en cas de licenciement collectif, près de 60% des entreprises de plus de 100 travailleurs disent favoriser le départ des travailleurs plus âgés.
Le voile islamique reste également un tabou. 71% des grandes entreprises affirment qu'elles n'engageraient pas une travailleuse qui souhaite porter le voile au travail si celle-ci est amenée à entrer en contact avec la clientèle. L'entreprise craint en effet pour son image de marque. Si la fonction ne requiert aucun contact avec la clientèle, le rejet du voile tombe à 26%.
L'enquête pointe une autre lacune: l'absence d'une procédure interne en vue de prévenir les discriminations au travail et d'en régler les plaintes. Parmi les grandes sociétés, seules 20% des sondées déclarent avoir mis en place une telle procédure. "Or c'est en principe une obligation légale", explique Olivier Rijckaert, avocat associé chez Field Fisher Waterhouse.
Moins d'une firme sur trois est prête à remédier à d'éventuelles carences en matière de discrimination. 80% disent pourtant maîtriser leur sujet. "Il ne s'agit certainement pas de 'patrons voyous' qui pratiqueraient activement et consciemment la discrimination. Cela montre simplement qu'il y a un gros travail d'information à faire auprès des entrepreneurs", conclut Me Rijckaert. (belga)