Six mois après son entrée en fonction, le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a présenté mercredi à la Chambre sa vision de l'armée belge au 21e siècle, qui vise à renforcer la participation de la Belgique aux opérations de paix dans le monde, éventuellement plus risquées, malgré un budget en recul constant.
Dans sa très attendue "note d'orientation politique" pour la période 2008-2011, M. De Crem affirme que la Défense doit "se concentrer sur ses tâches fondamentales", qui est selon lui "la capacité de déploiement des forces armées dans le cadre d'une participation efficace et effective à des opérations décidées par le Conseil des ministres".
Aux tâches classiques de défense collective et de gestion des crises ou humanitaires (dans le cadre de l'ONU, de l'OTAN ou de l'Union européenne), le ministre a ajouté celle de "contribuer à la sécurité nationale", citant même l'appellation américaine de "Homeland Security" devant la commission de la Défense de la Chambre.
Il a grosso modo fait sien le "niveau d'ambition" attribué aux forces armées par le "plan stratégique" de décembre 2003, avec la capacité d'engager notamment une brigade médiane de 3.000 à 4.000 hommes pour une durée de six mois, jusqu'à 36 chasseurs F-16 et une frégate pour une mission de neuf mois.
M. De Crem a cependant admis que la situation budgétaire de son département - qu'il entend transformer en Service public fédéral (SPF) d'ici la fin de la législature - était délicate, avec l'impossibilité d'engager encore de nouveaux programmes majeurs d'investissement avant 2012, faute d'indexation voire de légère hausse promises par les gouvernements Verhofstadt.
"Vous n'avez pas réussi à endiguer la réduction du budget", avec une baisse de 3% cette année, a résumé le député Georges Dallemagne (cdH). "Sans modifier la répartition des domaines de dépenses, il n'est donc pas possible de présenter un Plan d'Investissements Défense et Sécurité (PIDS) prévoyant des paiements pour les années 2008-2011", a affirmé M. De Crem.
Il a dès lors plaidé pour "des mesures supplémentaires" permettant de libérer plus de moyens afin de relancer les investissements - notamment en réduisant les dépenses de personnel. Il a ainsi proposé d'accélérer la réduction des effectifs prévue, pour atteindre dès fin 2011 l'objectif de 37.725 hommes initialement envisagé en 2015.
Il a au passage annoncé la fin virtuelle du Concept de carrière mixte (CCM), pourtant approuvé en janvier 2007 par le parlement et qui prévoyait le passage de 10.000 militaires comme civils au sein du son département, suscitant des critiques au sein même de la majorité gouvernementale.
La note d'orientation prévoit aussi l'obtention de moyens budgétaires supplémentaires grâce au retrait d'emploi et la vente de matériel devenu excédentaire, comme des chasseurs F-16, chars Leopard et hélicoptères Agusta A109. Parmi les programmes prioritaires à réaliser "compte tenu des moyens budgétaires disponibles", M. Crem a cité le remplacement des deux avions de transport Airbus A310, la modernisation de l'équipement individuel du soldat via le projet BEST ("Belgian Soldier Transformation"), l'achat d'une tranche optionnelle de véhicules MPPV (MultiPurpose Protected Vehicles) et de véhicules pour les forces spéciales.
Il a aussi mentionné la poursuite de la modernisation des F-16 et la participation au programme de satellites d'observation Musis, initié par la France. Le "plan De Crem" prévoit encore le maintien des dépenses de fonctionnement au niveau actuel. (belga)


