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Les gardiens de la prison de Mons condamnés

7S7 mise à jour   Jean-François Bauduin, Cédric Szlapa et Pierre Meneghini, trois gardiens de la prison de Mons poursuivis pour des traitements inhumains et dégradants, ont été respectivement condamnés, jeudi, par le tribunal correctionnel de Mons, à un an, dix mois et six mois de prison avec sursis (trois ans) pour ce qui excède la détention préventive. Les intéressés devront également verser de 200 à 1.500 euros de dommages et intérêts aux parties civiles.

Les faits remontent au 11 novembre 2006. Cédric Szlapa était affecté à l'annexe psychiatrique et y a emmené Jean-François Bauduin et Pierre Meneghini. Les trois hommes, qui étaient sous l'influence de l'alcool, ont mis de la musique et demandé à un détenu de danser. Celui-ci a ensuite réclamé un carré de chocolat et a "fait le beau" pour l'obtenir. Cédric Szlapa lui a alors lancé un morceau de sucre dans la bouche, tandis que Pierre Meneghini filmait la scène avec son GSM.

Jean-François Bauduin, lui, s'en est pris à deux autres détenus: il a voulu couper les cheveux de l'un d'eux et a demandé au second de lui relater les faits ayant conduit à son incarcération, des faits de pédophilie. L'agent a ensuite fait mine de vouloir serrer la main de sa victime, mais quand celle-ci s'est approchée, il l'a rejetée. Jean-François Bauduin a également lancé une poignée de sucre au visage d'un collègue qui protestait, avant de lui vider le contenu d'une poubelle sur la tête.

La juge Nicole Galand a estimé qu'il y avait bien eu traitements inhumains (acte par lequel de graves souffrances physiques ou mentales sont intentionnellement infligées à autrui) à l'encontre des détenus, et pas simplement traitements dégradants, comme plaidé par les avocats des prévenus. La magistrate a notamment insisté sur les graves troubles mentaux dont souffrent les victimes et sur le fait que les agents pénitentiaires avaient tout pouvoir sur elles, y compris de représailles.

La défense avait demandé la clémence du tribunal, mais la présidente a jugé qu'il était nécessaire d'adresser un ferme rappel à l'ordre aux prévenus, d'autant que "la banalisation qu'ils tentent de faire des faits est inquiétante". Pour évaluer la peine à leur infliger, elle a tenu compte du rôle de chacun d'eux et du profond mépris, ou à tout le moins du manque de respect, qu'ils ont manifesté pour la personne humaine.

Me Frédéric Guttadauria, le conseil de Jean-François Bauduin, a d'ores et déjà annoncé que son client ne pourrait se satisfaire, ni de la qualification retenue, ni de la peine, qui compromet son avenir professionnel. L'avocat fera appel de la décision si l'instruction lui est en donnée. Une révocation automatique et le remboursement d'une partie des salaires perçus durant la période de suspension est prévue pour les surveillants condamnés à une peine supérieure à six mois de prison. (belga)
26/06/08 12h32
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