MISE À JOUR
Il y aura un "immense problème politique" le 15 juillet si le PS n'obtient pas d'éléments annonciateurs d'une réforme sociale, a indiqué jeudi le président du parti, Elio Di Rupo, n'excluant pas la possibilité de quitter le gouvernement. "C'est une hypothèse", a-t-il relevé, tout en se refusant à jeter des ukases.
Le président du PS a répété être parfaitement conscient de l'épure budgétaire mais, a-t-il rappelé, il y a un engagement social à respecter, "il faut des mesures immédiates et d'autres programmées". M. Di Rupo a rappelé les exigences du PS à cet égard, au bénéfice des travailleurs, des pensionnés, des familles, et en faveur de l'écologie sociale. A terme, la TVA sur l'énergie doit aussi être revue (6%, et 21% pour ceux qui chauffent une piscine).
Le président du parti socialiste a évoqué la date-butoir du 15 juillet, rappelant que l'échéance n'avait pas été fixée par lui. Il a répété à cet égard sa disposition à discuter de réformes institutionnelles dont il n'est pas demandeur, soulignant qu'à ce stade les négociateurs étaient dans une "phase préparatoire". Le premier ministre fait là un "travail sérieux, il écoute les francophones et les néerlandophones et relate assez fidèlement leurs points de vues, apportant aussi des contributions".
Le président du PS ne partage pas la critique du président du FDF Olivier Maingain qui avait qualifié le comportement d'Yves Leterme de quelque peu "autiste" à certains égards. Jugeant la formulation peu respectueuse pour ceux qui sont dans ces conditions, le président du PS en a, en outre, dénoncé "l'utilisation péjorative". Mais, "j'imagine qu'il y a eu une explication voire une excuse au premier ministre", a-t-il ajouté.
Sur le fond, M. Di Rupo a rejeté l'idée qu'aurait énoncée Yves Leterme de scinder BHV et de créer ensuite deux collèges électoraux qui se chevauchent, l'un englobant le Brabant wallon, Bruxelles et les six communes de la périphérie et l'autre comprenant Bruxelles et le Brabant flamand. Si on touche aux droits des francophones dans la périphérie en scindant l'arrondissement, notre revendication est l'élargissement, a-t-il rappelé. Le président du PS a qualifié de "complexe" la discussion en cours, relativement au transfert de compétences et au financement des entités, et de "très complexe" relativement à BHV.
"Notre souhait est que le premier ministre puisse évoluer dans la dimension institutionnelle, trouver un chemin qui puisse permettre de franchir l'obstacle" mais il faut "redoubler de travail" concernant le socio-économique, a-t-il averti. "L'accord de gouvernement a permis à cet égard de définir un cadre, il faut aujourd'hui plus de précisions (...) Dans mon for intérieur, je pense que des citoyens pourraient vivre sans réforme institutionnelle, en revanche si on ne bouge pas sur le plan social, des familles vont devoir faire face à des difficultés insurmontables au début de l'hiver".
D'autres formations avancent comme difficulté la situation budgétaire, soulignant que le principal écueil consistera à maintenir l'exercice en équilibre. "Pourquoi n'y a-t-il plus de sous. Ce ne sont pas les dépenses qui augmentent, il faut des évaluations" des recettes, a indiqué M. Di Rupo. (belga)


