La Belgique devrait exporter son CO2

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Par: rédaction
8/07/08 - 13h48

Si la Belgique devait recourir à la capture et au stockage de gaz carbonique (CO2) pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre, la plus grande partie de ce CO2 devrait être exportée vers les pays voisins, selon un projet financé par la Politique scientifique fédérale présenté mardi à Bruxelles.

Secteur industriel
Le système de capture et de stockage du CO2 sous terre ou sous mer (CCS en anglais) est une technique actuellement à l'étude au niveau de l'Union européenne pour lutter contre le réchauffement climatique. Il n'est applicable efficacement qu'au secteur industriel. En Belgique, ces sources ponctuelles représentent environ 45% de la production totale de CO2, qui s'élève à 125 millions de tonnes par an, selon la société néerlandaise Ecofys, participant au projet.

Structure géologique méconnue
Le CCS, affirment les responsables du projet, s'adapterait bien à l'industrie belge. En revanche, l'estimation des quantités qui pourraient être stockées sous le sol belge reste très vague, en raison de la méconnaissance de la structure géologique profonde (environ 1 km) et des "réservoirs géologiques", déplorent les géologues. Le défi n'est pourtant pas de trouver des réservoirs, car en Flandre comme en Wallonie, il existe encore de grandes quantités de charbon inexploitées, laissant suffisamment de place pour y stocker du CO2.

Exportations par pipeline
Par ailleurs, l'aquifère situé sous Loenhout, actuellement utilisé pour le stockage du gaz naturel, pourrait accueillir du CO2. "Ce ne serait qu'un petit pas supplémentaire", estime Kris Piessens, de l'Institut royal des sciences naturelles. Mais ce pas resterait insuffisant. Les simulations suggèrent que la plus grande partie du CO2 capturé devrait être transportée vers les pays voisins, où la capacité de stockage est garantie par le vide laissé dans les champs déjà exploités de pétrole et de gaz naturel, deux ressources que ne possède pas la Belgique. Le coût de ces exportations -par pipeline- varierait de 3,5 à 6 euros la tonne de CO2. Un prix qualifié de relativement faible par M. Piessens.

Choix et fiabilité critiqués
Défendu par des personnalités telles que le Prix Nobel de la paix Al Gore, le système CCS est en revanche critiqué par des organisations environnementales comme Greenpeace, qui y voient un moyen de poursuivre les investissements dans les énergies fossiles (telles que les centrales au charbon) aux dépens des renouvelables. Ces associations mettent par ailleurs en doute la fiabilité du CCS, et notamment les risques sur le long terme de rupture d'étanchiété et de fuites massives de CO2 dans l'atmosphère. Un aspect sur lequel les géologues impliqués dans le projet belge se sont montrés rassurants. "L'évaluation de la sécurité est nettement positive", assurent-ils.

Energies renouvelables
A leurs yeux, le CCS doit permettre de répondre à court terme à une réduction des émissions de CO2 combinée à une demande en énergie dont la croissance est dopée par les pays émergents et le mode de vie occidental. Cette politique, soulignent-ils, doit être menée en parallèle avec le développement d'énergies renouvelables, en attendant le développement et la mise en oeuvre de technologies énergétiques pauvres en CO2. C'est dans cette perspective aussi que l'Allemagne a inauguré, fin juin près de Berlin, le premier site de stockage souterrain de CO2, un projet-pilote en Europe.

Le projet "perspectives du CCS en Belgique", financé par la Politique scientifique fédérale, a été mené par des géologues et ingénieurs de l'Institut royal des sciences naturelles, de l'Institut flamand de recherche technologique, de l'ULg, de la Faculté polytechnique de Mons et de la société néerlandaise Ecofys (recherche et consultance). (belga)

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