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Peines de travail pour brimades et "happy slapping"

Le tribunal correctionnel de Nivelles a condamné mercredi cinq jeunes gens pour brimades et violences répétées sur un camarade de classe considéré comme "tête de Turc" à des peines de travail de 60 et 75 heures. Un professeur a bénéficié de la suspension du prononcé de la peine.

Les faits se sont déroulés au sein d'une école de Tubize. Les jeunes gens étaient poursuivis pour traitements dégradants.

Certaines brimades relevaient du "happy slapping": filmées avec un
GSM, elles ont été diffusées sur internet via YouTube.

La direction de l'école avait elle-même dénoncé les faits après la découverte des images. Les cinq jeunes ont été renvoyés de leur école et ont été poursuivis en justice, ainsi qu'un professeur, pour non-assistance à personne en danger.

Le substitut Yves Moreau s'était montré très virulent avec les jeunes
qui avaient reconnu les brimades infligées, selon leurs aveux de l'époque, à leur victime "par plaisir car il était faible" et qu'ils prenaient "pour une espèce à part".

Face à la présidente Michèle Loquifer, ils ont manifesté leurs regrets. Le substitut avait requis 15 mois avec sursis pour le meneur et un an
avec sursis pour les autres. "Pourquoi les auteurs ne garderaient-ils pas de traces alors que la victime en aura des séquelles toute sa vie",
s'était-il interrogé.

La défense, de son côté, avait dénoncé un réquisitoire dans lequel
elle voyait l'expression de la loi du talion.

Le ministère public ne s'était pas opposé à la clémence pour le
professeur. Sexagénaire, sans grande expérience de l'enseignement, il était chargé du cour de religion dans une classe difficile.

Il s'était rendu compte qu'un élève était la cible de ses camarades
mais s'était, a relevé le substitut, "trop vite contenté" de la réponse de la victime présentant cela comme un "jeu".

Tout en estimant qu'il ne pouvait pas ne pas réaliser la détresse de
l'élève, et qu'il aurait dû avertir la direction, la présidente lui a accordé la suspension du prononcé.

En condamnant les jeunes gens à des peines de travail, le tribunal a
tenu compte de leur regrets, leur âge, l'absence d'antécédents et de la poursuite de leur scolarité. Le travail devra être effectué dans une
fondation à but social. (belga/7sur7)
09/07/08 16h41
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