Internement ordonné pour l'admiratrice de Louis Michel

Le tribunal correctionnel de Nivelles a ordonné mercredi l'internement d'une admiratrice de Louis Michel, suivant en ce sens la demande du parquet. La dame devait répondre de harcèlement à l'égard de l'actuel commissaire européen. Le jugement a toutefois été rendu en son absence et l'affaire avait déjà été examinée par défaut le 9 juin dernier.
Depuis plusieurs années, la dame -une quinquagénaire- s'est véritablement prise de passion pour l'homme politique qu'elle n'a pourtant jamais rencontré. Et elle a décidé de lui faire savoir en lui envoyant de nombreux courriers contenant des conseils sur des sujets de société mais aussi des propos "enflammés". Des photos d'elle en tenue légère, un mouchoir voire des culottes ou sous-vêtements ont aussi été parfois joints. Les courriers sont arrivés à la maison communale de Jodoigne -fief de Louis Michel-, à la Commission européenne ou même au domicile privé du libéral brabançon wallon.
Dès 2006, diverses plaintes ont été déposées pour harcèlement. Celles-ci émanaient d'un fonctionnaire européen chargé de recevoir le courrier de Louis Michel, de l'homme politique et même de son épouse. L'"admiratrice" avait alors reconnu les faits mais en expliquant que Louis Michel ne l'avait jamais contactée pour lui demander d'arrêter.
Présentée à un expert psychiatre, un traitement médicamenteux lui avait été prescrit à la suite d'un diagnostic d'une forme de déséquilibre. Les courriers avaient cessé quelque temps avant de reprendre fin novembre 2006. L'"admiratrice" pensant déceler des "signes" par télévision interposée, où elle voyait Louis Michel faire référence à ses conseils ou même à des membres de sa famille. A nouveau entendue par la police, elle a balayé l'argument de harcèlement au profit de l'échange sur "la gestion politique" tout en conseillant à Louis Michel d'aller en justice si cela le dérangeait.
Dans l'intervalle avant sa citation devant le tribunal, l'intéressée a coupé tout contact avec le psychiatre et même son avocat commis à sa défense. Mais elle n'a pas cessé l'envoi de courriers. Les deux derniers sont arrivés en mai.
Finalement, le ministère public s'était résolu à demander l'internement, même si le danger social est limité à Louis Michel. La substitute Pamela Lonfils avait souligné que l'homme politique avait droit à sa tranquillité comme tout le monde. (belga/7sur7)