Le parlement wallon approuvera mercredi l'ajustement du budget 2008. L'exercice est cette fois-ci de nature essentiellement technique. L'opposition MR a toutefois mis en garde le gouvernement contre les effets d'une conjoncture économique défavorable et du poids de la dette générée par le financement alternatif.
Les paramètres de croissance et d'inflation (1,9% et 3%) pris en compte, qui ont servi de base à la confection du budget 2008, sont
largement dépassés, a rappelé le chef de groupe Serge Kubla: les
estimations de croissance actuelles varient de 1,4% à 1,7% et l'inflation devrait atteindre 4,8%.
Quant à l'endettement, certes il diminue, et plus vite que ce que prévoyait la Déclaration politique régionale, mais les chiffres évoqués ne tiennent pas compte du "débudgétisé" issu du financement alternatif. La dette régionale "normale" avoisine 4 milliards d'euros alors que la dette née du financement alternatif atteint 4,7 milliards d'euros, a expliqué M. Kubla.
"Vous nous dites: on va plus vite que prévu. Facile, mais il en reste
dans le coffre et il faudra le payer! ", a lancé M. Kubla au ministre du
Budget, Michel Daerden.
Les Réformateurs ont également épinglé la sous-consommation des
crédits du plan Marshall et surtout le risque d'explosion en 2009 des
dotations des organismes d'intérêts public (OIP) dépendant de la Région, vu l'inflation.
"Ce sont autant de bombes à retardement placées sous les pieds de vos successeurs", a-t-il ajouté, toujours à l'adresse du ministre.
M. Daerden s'est employé à modérer les inquiétudes du MR. Il a reconnu que Les paramètres ayant servi de base au budget ont changé. "Il est vrai que les paramètres ont évolué, et c'est toujours le cas lors de la confection d'un budget, mais c'est rarement comme cette fois-ci", a-t-il dit. Ceci étant, le ministre se sent relativement à l'aise: les paradoxes de la loi de financement débouchent dans ce cas sur un accroissement des recettes de la Région.
Quant au financement alternatif, M. Daerden a rappelé l'importance de
cette méthode, reposant sur des emprunts à long terme, qui permet de réaliser des projets de grande envergure. Il estime aussi que son poids sur les finances wallonnes est maîtrisé. "On est à 3,5% du budget en charge annuelle. C'est une situation on ne peut plus raisonnable", a-t-il fait remarquer. (belga)


