"Un boeuf n'est pas un GSM, un ordinateur ou une action cotée en bourse", a tenu à rappeler mardi le ministre wallon de l'Agriculture, Benoît Lutgen, selon lequel la dernière offre européenne à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) est "inacceptable".
"Abaisser nos droits de douane sur certains produits, comme la viande, est une erreur grave. Il est en effet inacceptable de voir notre marché envahi par des produits qui ne rencontrent pas les mêmes performances sanitaires, environnementales et sociales que les nôtres", a-t-il affirmé dans un communiqué.
"Croire que la libéralisation des marchés agricoles représente la panacée pour apporter une réponse à la crise alimentaire mondiale est totalement faux", a poursuivi le ministre, selon lequel, au contraire, elle "ne fera qu'accroître l'insécurité et l'instabilité des marchés".
M. Lutgen réagissait à la dernière offre du commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, qui a proposé aux autres pays de l'OMC de baisser de 60% les tarifs douaniers agricoles de l'UE (au lieu des 54% proposés auparavant).
Cette offre a été jugée insuffisante par le Brésil, qui l'a qualifiée de "propagande". A l'instar d'autres grands producteurs agricoles, le Brésil réclame de pouvoir exporter davantage de produits, notamment de la viande, en Europe.
Les droits de douanes agricoles sont l'un des sujets débattus cette semaine à Genève par une trentaine de pays-clés de l'OMC, qui tenteront de parvenir à un accord sur le cycle de libéralisation de Doha, lancé il y a sept ans. (belga)


