Colère des agriculteurs à la Foire de Libramont

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Par: rédaction
23/07/08 - 17h54

La 74e édition de la Foire de Libramont, qui se tiendra du 25 au 28 juillet, risque bien d'être perturbée par les manifestations des agriculteurs luxembourgeois.

Les négociations qui se sont déroulées ces derniers jours n'ont pas abouti, jugent les agriculteurs. En colère, ils ont dès lors annoncé que "sans dialogue, ils s'y prendraient autrement pour faire valoir leurs revendications".

Quelque 500 agriculteurs occuperont la tribune officielle vendredi matin lors de l'inauguration. Celle-ci est de tradition occupée par le monde politique et les officiels. Pour rendre la place prioritaire au monde agricole, les agriculteurs occuperont les sièges VIP.

Depuis plusieurs semaines, les agriculteurs de la FWA Luxembourg demandent aux ministres de l'Agriculture Sabine Laruelle (fédéral) et Benoît Lutgen (Région wallonne) de fermer symboliquement vendredi les stands des pouvoirs publics (DGA, DGRNE, AFSCA, etc) "pour démontrer les dysfonctionnements de ces administrations envers le monde agricole". Les agriculteurs estiment aussi que la politique sanitaire menée via l'AFSCA entraîne "des coûts extrêmement lourds pour les exploitants".

Les discussions n'ont pas abouti et les stands devraient donc s'ouvrir. A moins que certains agriculteurs en colère ne décident de les fermer d'autorité, avec des panneaux et des rubans noirs.

Les négociations avec le groupe de distribution Carrefour, à qui les agriculteurs réclament un prix raisonnable et décent pour leurs produits, se déroulaient avec succès, jusqu'à un dernier volte-face de la chaîne. Le groupe a finalement décidé de ne pas installer de stand à Libramont.

Devant l'échec des négociations, la FWA Luxembourg appelle "tous les agriculteurs, qu'ils soient de n'importe quelle province, à venir manifester dignement, dans le respect des biens et des personnes, montrer le malaise du monde de l'élevage, et ce afin d'avoir des réponses aux revendications".

"La tension monte d'heure en heure", préviennent les représentants de la FWA Luxembourg, dont certains refusent de prendre leurs responsabilités en cas de débordements. "Nous avons tout tenté lors des négociations. Nous n'avons rien obtenu. Moi, maintenant, je reste au balcon", a ainsi souligné Joseph Neu, membre de la FWA Bastogne.

Dans leurs revendications, les agriculteurs estiment que les prix payés au producteur sont 30% inférieurs à ce qu'ils devraient être pour permettre aux exploitants d'atteindre un niveau correct de rentabilité. Ils revendiquent, pour le secteur de la viande, la reprise des exportations d'animaux vivants, la mise en place d'une stratégie pour développer de nouveau les exportations de carcasses, l'investissement public dans la recherche et le développement de nouvelles voies de valorisation, la transformation et consommation de la viande bovine et l'accord avec la distribution pour augmenter le prix payé à l'agriculteur. Pour le lait, les agriculteurs souhaitent la fixation d'un prix minimum qu'ils évaluent pour l'heure à 43 centimes d'euro le litre. (belga)

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