Les trois médiateurs désignés par le Roi recevront ce jeudi après-midi les ministres-présidents des entités fédérées, ont-ils indiqué au cours d'une conférence de presse durant laquelle ils ont refusé d'évoquer le fond des échanges inhérents à leur mission. Le Premier ministre Yves Leterme, que les médiateurs avaient déjà vu mardi au Palais, devrait en outre être reçu avant le week-end.
François-Xavier de Donnéa, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz, nommés il y a une semaine par le Palais pour examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer un dialogue institutionnel, ont reçu ce jeudi matin les présidents de la Chambre et du Sénat, Herman Van Rompuy et Armand De Decker.
Cet après-midi, ce sera au tour de Kris Peeters (Flandre), Rudy Demotte (Région wallonne et Communauté française), Charles Picqué (Région Bruxelloise) et Bernd Gentges (vice-ministre-président de la Communauté germanophone, étant donné que le ministre-président est l'un des trois médiateurs), à défiler devant le trio.
Désormais, tous les partis de l'Octopus partagent la volonté d'entamer un véritable dialogue devant aboutir à "une grande réforme de l'Etat", a souligné M. de Donnéa. Le sp.a, absent de l'Heptapus, avait en effet indiqué mercredi être disposé à participer à l'examen de la piste institutionnelle. Tous les partis sont d'accord pour trouver des garanties en vue d'une structure de dialogue à mettre sur pied après les vacances d'août, a précisé M. de Donnéa.
Quant à savoir s'il s'agit d'un dialogue de Communauté à Communauté, tel qu'on le souhaite au Nord du pays, ou d'un dialogue entre entités fédérées associant au moins la Région bruxelloise, comme souhaité par les francophones, les médiateurs ont refusé de répondre à ces questions. Soucieux de préserver la confidentialité des débats, gage essentiel de confiance à leurs yeux, ils se sont contentés de qualifier les conversations qu'ils ont menées ces derniers jours de franches et cordiales.
"Cette conférence de presse est la première et la dernière que nous donnerons avant la remise de notre rapport au Roi", le 31 juillet prochain à 10 heures du matin, a précisé Raymond Langendries. Pour les médiateurs, il n'est pas question toutefois de "s'enfermer dans un timing" après les vacances. "C'est la meilleure façon d'échouer", a estimé M. de Donnéa. Concernant la date du 31 juillet, Karl-Heinz Lambertz a souligné que "ce n'est pas en une semaine que l'on va trouver des solutions à des problèmes que nous connaissons depuis près d'un demi-siècle". Appelant à la patience, il a rappelé qu'il avait déjà participé en 1979 au "Comité paritaire pour la coexistence harmonieuse des Communautés" et répété que la Belgique avait déjà connu cinq réformes de l'Etat, "donc pourquoi pas une sixième". (belga)


