De la prison ferme au sursis, diminution de peine pour traite d'êtres humains

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Par: rédaction
31/07/08 - 19h36

En ramenant la sanction à 3 ans de prison avec un sursis pour ce qui excède la durée de la détention préventive, le tribunal correctionnel de Bruxelles a considérablement revu à la baisse, jeudi, la peine de 6 ans de prison ferme infligée récemment à Jesenia Elizeth Echeverria Bastidas pour traite des êtres humains.

Cette ressortissante équatorienne, âgée de 30 ans, ne s'était pas présentée à son procès et elle obtint d'être rejugée en sa présence, comme la loi l'y autorise. Son mari, Hector Bastidas, présent à l'époque au procès parce que détenu, avait lui écopé de six ans de prison ferme.

La prévenue reste coupable de traite des êtres humains, des faits commis principalement à Bruxelles, entre le 1er janvier 2000 et le 28 mai 2004, et pour lesquels six victimes ont été identifiées. La prévenue a été également reconnue coupable du blanchiment de sommes provenant de ses commissions sur le transit des victimes.

Les témoignages de deux de celles-ci ont été déterminants pour l'enquête. Les victimes avaient exposé avoir été approchées dans leur pays, en Equateur, par la prévenue qui connaissait bien leur situation de grande précarité et qui leur proposa de venir travailler en Europe. En échange de 2.500 euros, Elizeth Bastidas leur promit de s'occuper des frais de voyage et de leur procurer un emploi rémunéré, ainsi qu'un logement où ils seraient nourris, logés et blanchis.

La prévenue promit en outre à l'une des plaignantes de tout mettre en oeuvre pour que son enfant puisse venir la rejoindre, en Europe, dans un délai très proche. Les deux victimes ont alors fait hypothéquer des biens immeubles en possession de leurs familles, afin de récolter les 2.500 euros. Elizeth Bastidas leur fournit leurs titres de transport, ainsi qu'une lettre d'invitation, rédigée par son mari, qui devait leur permettre de passer les frontières sans encombre.

Dans l'avion, les deux plaignants rencontrèrent un certain Alonso qui était dans la même situation qu'eux. Arrivés en Belgique, ces trois victimes se rendirent, sur les indications de la prévenue, chez Hector Bastidas qui leur proposa de les héberger moyennant des montants importants. Après avoir logé plusieurs jours chez ce dernier sans recevoir de nourriture, l'une des victimes s'enfuit et fut orientée par des membres de la communauté équatorienne, à Bruxelles, vers la maison d'accueil Pag-Asa qui saisit les autorités judiciaires.

Pour diminuer la peine, le tribunal a considéré que le rôle de la prévenue était moindre que ne l'avait estimé le premier juge. L'ancienneté des faits a également été prise en compte. (belga)

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