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Les victimes recherchées par le parquet

Le parquet de Bruxelles est à la recherche d'au moins un ouvrier qui a aidé à retirer de l'amiante sur un chantier à Anderlecht en juin 2007.

L'homme serait le chef d'équipe des ouvriers qui ont enlevé quatre tonnes de cette matière cancérigène d'un bâtiment en rénovation. Le travail s'est fait sans aucune autorisation environnementale et sans protection pour les ouvriers. Selon le parquet, il s'agirait du plus important dossier lié à l'amiante auquel ils ont été confrontés.

L'an dernier, plusieurs bâtiments industriels ont été rénovés à Anderlecht. Dans la majorité des cas, les travaux se sont déroulés suivant les règles mais dans un bâtiment, l'entrepreneur a laissé les ouvriers retirer de l'amiante sans avertir le personnel, sans protection et sans autorisation environnementale. L'amiante a également été transportée de manière illégale mais on ignore où elle a été conduite.

"L'institut belge pour la gestion de l'environnement (IBGE) a été informé par le témoignage anonyme d'un responsable de la sécurité. Après un an d'enquête, nous avons déjà pu retrouver cinq ouvriers, mais nous sommes à la recherche d'au moins un autre homme, le chef d'équipe", explique Patrick Carolus, magistrat spécialisé en environnement au parquet de Bruxelles.

La recherche est difficile car les ouvriers proviennent d'Europe de l'est et ont depuis lors quitté le pays. Cependant, il est important qu'ils soient retrouvés. "Ce chef d'équipe pourra sans doute nous expliquer comment se sont déroulés les travaux. Qui a donné l'ordre de retirer l'amiante? Est-ce que l'équipe savait de quels matériaux il s'agissait? Ce sont des questions auxquelles nous aimerons trouver une réponse. De plus, tous les ouvriers doivent subir rapidement une série d'examens pour savoir ce qu'il en est de leur santé".

Les cinq ouvriers qui ont déjà été identifiés ne savaient pas qu'ils étaient en contact avec une matière cancérigène. Entre-temps, la police fédérale de Bruxelles et l'IBGE mènent une enquête sur ces faits. L'entrepreneur et le propriétaire du bâtiment collaborent pour l'instant à l'enquête mais ils rejettent toute responsabilité.

L'entrepreneur risque des peines sévères si sa responsabilité est prouvée. "Il risque jusqu'à un an de prison et une amende pouvant atteindre 500.000 euros. Si il s'avère qu'une logique économique prévalait et que le but était d'épargner de l'argent, des peines très lourdes vont être requises", dit encore le magistrat.

Selon lui, il s'agit du plus important dossier lié à l'amiante jamais traité par le parquet. "Ces dernières années, nous avons été confrontés à une dizaine de dossiers amiante et dans la plupart des cas il s'agissait d'infractions aux normes sur les permis environnementaux. Nous n'avons jamais vu un tel dossier, où une aussi grande quantité d'amiante a été retirée de cette manière". Le dossier pourrait aboutir devant le tribunal correctionnel fin 2008. (belga)
14/08/08 15h30
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