Il y a peu d'espoir pour Rothman Salazar

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Par: rédaction
18/08/08 - 14h08
Deizy et Erika, les deux soeurs de Rothman.

L'Union de défense des personnes sans papiers (UDEP) s'est déclarée lundi peu optimiste sur la décision que doit rendre le Conseil d'Etat dans l'après-midi concernant la demande de régularisation de Rothman Salazar, ce jeune Equatorien de 19 ans, menacé d'expulsion vers son pays d'origine.

Depuis 6 ans en Belgique
Arrivé en Belgique il y a six ans, Rothman a depuis prouvé son ancrage dans la société, que ce soit par le nombre d'années de présence sur le territoire belge, les différentes langues parlées, son intégration, sa scolarité réussie.

"On imagine mal être moins intégré que Rothman", a souligné lundi Pierre-Arnaud Perrouty, de la Ligue des Droits de l'Homme, lors d'une conférence de presse organisée au domicile de Nuria Perugachi, la maman de Rothman.

Le jeune homme a été arrêté dans la nuit de mercredi à jeudi, après un contrôle d'identité alors qu'il fêtait un anniversaire avec des amis à Saint-Gilles. Il est enfermé au centre 127 bis de Steenokkerzeel depuis jeudi.

Sa soeur a obtenu des papiers
Rothman et sa famille (sa maman, ses trois soeurs et son frère) avaient introduit une demande de régularisation en 2006, qui avait été rejetée par l'Office des Etrangers. Seule la maman était autorisée à rester provisoirement en Belgique pour raisons médicales. L'une des soeurs du jeune Equatorien a également obtenu des papiers grâce à son emploi dans la diplomatie.

Un recours avait alors été introduit au Conseil d'Etat, actuellement toujours pendant. Ce recours n'étant pas suspensif, l'Office des Etrangers a donc ordonné l'expulsion de Rothman, après un autre recours, introduit par son avocat devant le Conseil du Contentieux des Etrangers.

Débouté, Me Papis Tshimpangila a alors introduit un nouveau recours, cette fois en extrême urgence devant le Conseil d'Etat. L'arrêt est attendu lundi après-midi.

"Nous avons peu d'espoir, car il n'existe rien pour les personnes sans papiers", déplore Gerardo de l'UDEP. "On ne peut compter que sur la solidarité, la mobilisation, la pression politique", renchérit-il, affirmant que "le gouvernement est incapable de prendre une décision" en la matière.

"Une politique de clémence"
Tant que la circulaire sur la régularisation de la ministre Annemie Turtelboom, en charge de la Politique d'asile et de migration n'est pas adoptée, l'UDEP et plusieurs partis politiques réclament un moratoire sur les expulsions.

"Nous demandons une politique de clémence avec un délai d'attente" pour les sans-papiers qui sont susceptibles d'entrer en considération dans le cadre des nouveaux critères, explique Gerardo.

Il pourrait être expulsé lundi soir
Si le Conseil d'Etat rend un arrêt négatif, Rothman est expulsable dès lundi soir. D'autres recours sont toutefois encore possibles devant la chambre du conseil et des mises en accusation.

En cas de décision favorable à Rothman rendue par le Conseil d'Etat, l'Office des Etrangers sera à nouveau saisi du dossier.
Si Rothman est expulsé, il se retrouvera dans un pays "où il n'a rien, personne", conclut sa soeur Deisy.

Fin juillet, le gouvernement équatorien avait annoncé avoir conclu un accord bilatéral "très important" en matière d'immigration avec la Belgique et destiné à promouvoir un processus de régularisation des ressortissants équatoriens en séjour illégal en Belgique. (belga)

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