L'ULG doit délibérer à nouveau sa 1e année de médecine
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Les étudiants en médecine "reçus collés" de l'Université de Liège, qui avaient introduit un recours devant le Conseil d'Etat, ont obtenu gain de cause en référé. L'arrêt a été rendu le 14 août et signifié aux parties mardi.
Les étudiants dénonçaient le fait que l'ULg n'a pas appliqué la mesure qui permettait au jury de décerner en 2008 15% des attestations prévues pour 2009. A Liège, où 53 reçus collés ont été dénombrés, seules 22 places supplémentaires avaient été accordées grâce aux 100 places supplémentaires libérées par le gouvernement de la Communauté française en juillet pour l'ensemble des universités de la Commuauté. Le fait de prélever 15% du quota 2009 aurait permis de délivrer 16 attestations supplémentaires.
Le jury, composé par tous les professeurs de 1er baccalauréat médecine, avait décidé de ne pas prélever dans le quota pour ne pas pénaliser les étudiants de l'année académique 2008-2009. Le Conseil d'Etat a estimé que le jury n'avait pas motivé suffisamment sa décision et n'avait pas tenu compte du fait que toutes les analyses annonçaient une pénurie de médecins dans les années à venir.
"Le Conseil d'Etat nous reproche de ne pas faire la même gestion que les politiques, à savoir: prenez tout tout de suite et on verra plus tard pour le reste. Nous ne savons pas si le système perdurera ou non en 2009 mais rien ne nous permet de conclure qu'il ne sera plus d'application", a commenté le recteur de l'ULg, Bernard Rentier, directement visé par le recours au Conseil d'Etat.
Le recteur estime que le jury a agi en "bon père de famille". "On nous reproche d'avoir fait l'écureuil avec ses noisettes et on nous demande de nous comporter comme la cigale. Personne ne comprend rien à la situation. Nous sommes pantois", a-t-il expliqué, manifestant son découragement. "Je suis fatigué de rentrer dans ces systèmes générateurs de recours supplémentaires", a soupiré le recteur, qui a toujours marqué son opposition au numerus clausus.
"Pour nous, un étudiant qui a obtenu 60% et qui n'a pas de cote d'exclusion doit pouvoir continuer ses études. Mais le monde politique nous met dans une situation kafkaïenne et nous installe dans une situation qui n'est pas la nôtre. Nous devons ajourner des étudiants qui ont obtenu leurs points. C'est très décourageant", a commenté Bernard Rentier.
Le principe même du numerus clausus est remis en cause par le Conseil d'Etat qui s'interroge sur sa validité et sa conformité avec le pacte relatif aux droits civils et politiques, signé à New-York en 1966, qui prévoit que tout étudiant qui en a les compétences peut choisir et poursuivre ses études. Le jury des professeurs de médecine de l'ULg se réunira samedi matin pour déterminer sa position.
"Soit il décidera de motiver mieux la raison pour laquelle nous n'avons pas appliqué la règle des 15%, soit les attestations seront délivrées. Mais il faudra expliquer pourquoi 129 étudiants ont reçu leur attestation cette année, contre seulement 95 l'année prochaine. Le jury est souverain, c'est lui qui décidera", a conclu le recteur liégeois. (belga)