Les F-16 belges sortiront quatre fois par jour en moyenne

Les quatre F-16 belges positionnés dès le mois prochain à Kandahar seront, hormis leur traditionnel arsenal d'autodéfense, exclusivement équipés lors de leurs sorties de deux, voire quatre, bombes de type GBU-12 à guidage laser d'un poids de 250 kg, les plus petites dont dispose la Force aérienne.
Ces engins de puissance plutôt modeste sont jugés les plus appropriés pour détruire des véhicules, des caches d'armes ou des petits rassemblements de combattants tout en réduisant le risque de dégâts collatéraux. Au besoin, leur explosion peut être retardée afin de détruire des cibles enfouies sous le sol.
La Défense nationale se veut toutefois discrète sur le nombre de bombardements que les F-16 belges pourraient être amenés à opérer.
"Les bombes sont utilisées dans 10 à 20% des missions", se contente d'indiquer le lieutenant-colonel aviateur Frédéric Givron, planificateur de l'opération "Guardian Falcon", sur base des statistiques d'opérations aériennes de l'ISAF à Kandahar.
Or, les F-16 réaliseront quatre sorties par jour, ce qui devrait donc les conduire à larguer des bombes un jour sur deux en moyenne...
Les pilotes disposeront d'un système de visée sophistiqué leur permettant notamment de visualiser anticipativement sur écran la zone qui sera affectée par la déflagration de leur bombe, ceci afin d'éviter au mieux des dommages involontaires à des tiers ou des alliés.
A l'instar des autres avions de l'ISAF, les chasseurs-bombardiers belges positionnés à Kandahar entreront dans un roulement d'interventions pré-planifiées (la surveillance des routes de communication notamment), ainsi que dans un régime tournant de gardes durant lesquelles les avions devront se tenir prêts à intervenir à tout moment, y compris la nuit.
Pour des raisons de sécurité, les F-16 voleront toujours par paire dans le ciel afghan. Et même s'ils seront au nombre de quatre à Kandahar, ceux-ci ne seront jamais plus de deux à être en l'air en même temps.
Leur zone d'intervention s'étendra en théorie à l'ensemble du territoire afghan, mais la logique veut, vu leur localisation, qu'ils voleront essentiellement dans le sud de l'Afghanistan, principale zone d'activités des talibans.
Même si ces derniers disposent de peu d'armes sol-air, les avions belges voleront toujours à haute altitude afin de rester hors de portée d'éventuels missiles ou batteries. Ils seront toutefois équipés de leurres infrarouges par précaution, ainsi que de missiles air-air en plus de leur traditionnel canon de 20 mm.
En cas d'éjection, les pilotes belges, qui ont reçu une remise à niveau des techniques de survie en territoire hostile, seront secourus par les hélicoptères des forces américaines.
La phase la plus délicate pour les F-16 belges sera sans conteste le décollage et l'atterrissage, moment où les avions évoluent à basse altitude et à faible vitesse, ce qui les rend plus vulnérables.
L'aéroport de Kandahar dispose toutefois d'un système de défense sophistiqué pour éviter tout tir sur des avions en phase d'approche ou d'envol, assure-t-on auprès de la Défense nationale.
Finalement, le principal ennemi des F-16 belges pourrait se révéler être la... poussière, le sud afghan étant en effet régulièrement frappé de tempêtes de sable qui s'infiltre alors partout, contraignant les mécanos à calfeutrer la moindre cavité des avions. (belga/7sur7)