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Le grand banditisme liégeois devant la justice

Marcel Habran.
Le procès portera notamment sur l'attaque d'un fourgon, qui avait fait deux tués à Waremme.
La cour d'assises de Liège entamera le mercredi 3 septembre l'examen d'un des plus importants dossiers de grand banditisme liégeois, dans lequel douze personnes sont accusées de huit assassinats et de plusieurs attaques de fourgons. Si le truand Marcel Habran est le plus connu en raison de son lourd passé judiciaire, les charges les plus importantes ne reposent pas sur lui.

Le Liégeois Marcel Habran (75 ans), aujourd'hui établi à Bruxelles, le Bruxellois Jean-Marie Geerts (60 ans), le Comblinois Thierry Dalem (50 ans), le Verviétois Anouar Bennane (28 ans), les Liégeois Claude Kremer (55 ans), Joël Schraenen (50 ans), Stefan Lewus (31 ans), Vincent Buret (36 ans), Giuseppe Rosato (42 ans), Tony Samardzic (37 ans) et Eric Weyns (40 ans) sont accusés d'un ensemble de faits relevant du grand banditisme et résumés dans un acte d'accusation comptant 130 pages.

Deux convoyeurs tués
Le parquet fédéral a disjoint la procédure à l'encontre du Bruxellois Jean Renson (69 ans), cité dans l'acte d'accusation, en raison de son mauvais état de santé. Seul Vincent Buret, en fuite, fera défaut au procès. Les débats porteront entre autres sur l'attaque d'un fourgon de la société Brink's, qui avait fait deux tués parmi les convoyeurs le 12 janvier 1998 à Waremme, ainsi que sur les autres faits découverts lors de l'enquête sur cette attaque, notamment d'autres attaques de fourgons et braquages et huit assassinats.

Le dossier du ministère public repose essentiellement sur les déclarations de témoins protégés par la justice, alors que les indices matériels (ADN ou empreintes) sont inexistants. Ces témoins protégés, dont deux sont des repentis ayant négocié des avantages en vue de leur reclassement, avaient permis à l'enquête de rebondir dans une série de dossiers non élucidés.

Alibis
Selon la thèse présentée par le parquet fédéral, le milieu du grand banditisme liégeois aurait connu d'importantes dissensions après l'échec de l'attaque de Waremme, ce qui aurait aiguisé l'ambition de certains de s'imposer à la tête du milieu, entraînant des scissions et des règlements de comptes en son sein. Tous les accusés, sauf un, contestent leur implication dans les faits, avançant notamment des alibis. Ils affirment que les témoins protégés ont fait des déclarations mensongères afin de monnayer leur libération, sur base d'informations glanées dans la presse et dans les préaux de prisons.

Outre le fugitif Vincent Buret, le principal témoin protégé, Didier Singleton, qui est mort en prison récemment, sera absent au procès, alors que l'accusation repose en grande partie sur ses révélations. Le procès, qui devrait s'étaler sur 80 jours d'audience au moins, sera présidé par le conseiller Marc Dewart. (belga)
26/08/08 10h55
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