Hygiène douteuse dans un restaurant sur cinq

sauvegarder
Par: rédaction
26/08/08 - 14h05
MISE À JOUR

Plus de 20% des établissements du secteur horeca contrôlés par l'AFSCA en 2007 se sont vu délivrer un avis défavorable, selon le rapport annuel de l'institution, présenté mardi à Bruxelles.

L'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a effectué l'an dernier 9.454 inspections dans les restaurants, les cafés et les hôtels, afin de vérifier l'hygiène des établissements et la conformité aux normes de leurs installations. Près d'un cinquième (19,4%) ont reçu un avis favorable pur et simple, tandis que 58,8% se sont vu adresser un feu vert assorti de remarques. Par contre, 21,7% ont écopé d'un avis défavorable.

Dans le secteur de la transformation de produits d'origine animale, le taux d'avis négatifs a été beaucoup plus faible, à 6,9% (pour 5.385 inspections des infrastructures et de l'hygiène). Les commerces se sont quant à eux vu signifier environ un quart d'avis défavorables, aussi bien chez les détaillants que chez les grossistes. Ces inspections négatives ont le plus souvent donné lieu à des avertissements, mais aussi à des procès-verbaux et à des amendes. Dans les cas les plus graves, l'AFSCA peut procéder à un retrait ou un refus d'agrément, ce qu'elle a fait à 14 reprises en 2007.

La manque d'hygiène peut également avoir des conséquences néfastes pour certains exportateurs, comme en ont fait l'expérience plusieurs producteurs belges de viande bovine, à qui des inspecteurs russes ont refusé d'octroyer une autorisation. "Il y a toute une série d'exploitations qui peuvent exporter vers la Russie", a expliqué mardi le l'administrateur-délégué de l'AFSCA, Gil Houins, réfutant la comparaison avec l'ancien embargo russe sur la viande polonaise. Mais "il y en a 8 ou 9 qui ne sont pas sur la liste, et elles doivent s'en prendre à elle-même", a-t-il tranché.

Selon M. Houins, les autorités belges de sécurité alimentaire ont "de bons contacts avec les Russes", même si "les discussions avec (eux) ne sont jamais faciles". L'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire ne se contente pas de vérifier l'hygiène des installations. Elle effectue également des tests de qualité des produits, afin de vérifier la présence de bactéries et de virus. Le bilan est ici "globalement satisfaisant" dans le secteur de l'horeca, à l'exception notable des pitas, lesquelles présentent en moyenne beaucoup trop d'entérobactéries.

A la base de la chaîne alimentaire, l'AFSCA contrôle également le secteur agricole, où "il n'y a pas eu en 2007 de crise ou d'incident grave", s'est félicité M. Houins, qui a notamment relevé qu'aucun cas d'ESB (la maladie de la vache folle) n'avait été décelé en Belgique en 2007. Dans ce contexte, la politique de tests systématiques sur les bovins, qui coûte aux contribuables des millions d'euros par an, sera vraisemblablement revue, a-t-il souligné, relevant que la Commission européenne envisageait actuellement plusieurs options.

Seule ombre au tableau, le virus de la langue bleue est demeuré présent dans le bétail belge, a dit l'administrateur-délégué, rappelant aux producteurs de viande bovine que la vaccination était désormais obligatoire. M. Houins a enfin annoncé deux nouvelles initiatives de ses services prévues dans les prochains mois. L'une vise à développer un label "smiley", attestant de la mise en place d'un système d'autocontrôle certifié dans l'horeca. La seconde consistera à mieux accompagner les PME dans leurs démarches d'autocontrôle grâce à la création d'une cellule de vulgarisation.

Il s'agit pour l'AFSCA, qui est souvent perçue par les agents économiques comme une institution sévère, de les aider à mieux respecter les règles, a dit M. Houins. (belga)

Votre avis nous intéresse!