Les entités francophones n'attendront pas le mois de septembre pour faire leur rentrée. Jeudi, les gouvernements de la Communauté française et de la Région wallonne tiendront leur première réunion et annonceront une série de mesures destinées à soutenir le pouvoir d'achat.
Les mesures viseront bon nombre de compétences des deux entités, notamment en matière d'enseignement ou de fiscalité. Des intercabinets doivent encore avoir lieu mais il est déjà question d'un "chèque rentrée scolaire" et d'une suppression de la redevance radio (pas encore de la redevance télévision), réclamée depuis de longues années. Le tout dépendra bien sûr des marges budgétaires disponibles.
Là, comme ailleurs, le mot d'ordre semble être le suivant: il faut donner l'image de gouvernements francophones qui s'occupent des "vrais problèmes des gens" et non de byzantines querelles communautaires. Le communautaire ne sera pourtant pas très longtemps absent de cette rentrée. Il n'est pas anodin qu'elle s'ouvre par un gouvernement conjoint Communauté française-Région wallonne.
Et, en septembre, les médiateurs désignés par le roi reprendront leur mission. Ils devraient remettre un nouveau rapport à la moitié du mois. Nul ne sait à ce stade ce qu'il contiendra mais les entités francophones seront concernées au premier chef, que ce soit pour les questions de transferts de compétences, une révision de la loi de financement, ou la place qu'occupera Bruxelles dans les débats futurs. Le ministre-président wallon et de la Communauté, Rudy Demotte, et son collègue bruxellois, Charles Picqué ont d'ores et déjà pris position pour un modèle associant la Région-capitale.
Une résolution du parlement wallon les y encourage d'ailleurs et l'invitée d'honneur des Fêtes de Wallonie ne sera autre que... Bruxelles. Charles Picqué y prendra la parole. L'année politique qui s'ouvre sera la dernière de la législature régionale puisqu'en juin 2009, auront lieu de nouvelles élections. Elle sera donc plutôt l'année de l'aboutissement des réformes et de leur mise en oeuvre même si la proximité de la campagne électorale sera propice aux idées de toutes sortes à concrétiser, le cas échéant, au cours de la prochaine législature.
Parmi les dossiers qui occuperont encore la Région wallonne dans les mois qui viennent, outre la confection du budget 2009, l'on retrouve la mise sur pied de la Cour des comptes wallonne, la fusion des deux grands ministères wallons et la modernisation de la fonction publique, un projet de décret sur les funérailles et sépultures, la privatisation des aéroports régionaux, des dossiers d'aménagement comme le contournement de Couvin, la sortie-sud de Charleroi ou le tram à Liège, la réforme de la formation en alternance, etc.
Quant au gouvernement de la Communauté française, l'une de ses préoccupations sera de résoudre de façon durable le problème des étudiants en médecine "reçus-collés", avec la volonté de collaborer avec le gouvernement fédéral, afin d'éviter à la Communauté de devoir recourir à des mesures transitoires. L'exécutif communautaire devra également assurer la bonne mise en oeuvre du décret "inscriptions" remanié à la suite d'une longue polémique.
La confection du budget 2009 et la poursuite de la mise en place du "Partenariat Public-Privé" au profit des bâtiments scolaires seront aussi à l'ordre du jour des travaux de la Communauté. Les premiers projets devraient être sélectionnés d'ici la fin de l'année et les premiers travaux commencer au premier semestre 2009. Comme le gouvernement wallon, l'équipe communautaire de Rudy Demotte estime que les gros dossiers sont "derrière elle" et qu'elle va pouvoir se concentrer sur de nouvelles orientations. (belga)


