"Les mineurs en centres fermés, une négligence absolue"

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Par: rédaction
27/08/08 - 14h07

Le Délégué général aux droits de l'Enfant, Bernard De Vos, estime que "le gouvernement n'a que trop tardé à régler définitivement la situation des enfants et des familles toujours détenues dans les centres fermés pour illégaux".

Evoquant la nuit d'émeutes au centre fermé 127 bis, il considère qu'"enfermer des enfants dans de telles poudrières relève d'une coupable inconscience et d'une négligence absolue". Pour Bernard De Vos, il y a violation de la Convention internationale des droits de l'Enfant. Le Délégué général aux droits de l'Enfant de la Communauté française a rendu visite, mardi après-midi, aux familles qui ont vécu les émeutes du week-end dernier au centre fermé 127 bis de Steenokkerzeel.

Il précise, dans un communiqué, que sept familles, avec un total de 11 enfants pour la majorité en bas âge, ont été depuis transférées dans les centres fermés de Merksplas et de Melsbroek. Il constate que leurs itinéraires offrent de grandes similitudes: la fuite de conflits armés dans lesquels la sécurité et l'intégrité des enfants est compromise, un accueil peu amène et des démarches incompréhensibles auprès de l'Office des étrangers, une descente aux enfers dans un univers carcéral.

Témoignages à l'appui, il décrit le traumatisme vécu par les familles, et particulièrement les enfants, durant cette nuit d'émeutes: vacarme, coups sur les portes, propagation des fumées de l'incendie et les portes qui restent closes jusqu'à la fuite urgente vers la cour du centre, l'intervention de la police et enfin le transfert vers le centre de Melsbroek. Là, ils sont détenus, selon Bernard De Vos, "dans les conditions de promiscuité et de salubrité déplorables, souvent dénoncées, du centre 127 de Melsbroek".

Pour le Délégué général aux droits de l'Enfant, ce type d'émeute est forcément inévitable et "enfermer des enfants dans de telles poudrières relève d'une coupable inconscience et d'une négligence absolue". Bernard De Vos estime que "le gouvernement n'a que trop tardé à régler définitivement la situation des enfants et des familles toujours détenues dans les centres fermés pour illégaux". Et de souligner qu'il existe d'autres solutions, bien connues des décideurs politiques.

Pour le délégué général, il y a en l'occurrence violation de la Convention internationale des droits de l'Enfant, et notamment des articles instituant des droits tels que la non-discrimination, l'intérêt supérieur de l'enfant, la liberté d'expression des enfants, le droit à un niveau de vie suffisant, la protection contre toutes les formes de violence, etc.

Le Délégué général aux droits de l'Enfant de conclure qu'il ne manquera pas de communiquer son rapport de visite aux autorités compétentes "et de les interpeller avec détermination sur cette question pour que ces pratiques cessent immédiatement". (belga)

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