Dans une classe de primaire, de six à dix élèves ont des problèmes graphomoteurs. Lorsqu'ils sont graves, ils peuvent conduire à l'échec, selon une étude menée en Belgique auprès de 40.000 enfants pendant six mois et dont les chiffres sont publiés jeudi dans le quotidien Le Soir.
Selon cette étude, commanditée par le fabricant de matériel scolaire Pelikan, un enfant sur trois en Belgique souffrirait de problèmes d'écriture. Les enfants adoptent une position tendue ou crispée, tiennent mal leur bic ou leur stylo, produisent des lettres irrégulières, voire illisibles, écrivent lentement ou n'arrivent pas à se concentrer. Certains écrivent même à l'envers (écriture spéculaire). Ces problèmes sont graves chez un enfant sur dix, soit deux ou trois élèves par classe.
Chez certains, ces problèmes ont une influence sur leur développement émotionnel. Ils perdent confiance, leur attitude face au travail et à l'étude s'en ressent, leurs résultats aussi. La démotivation est fréquente, voire le refus d'aller à l'école. Quand ces enfants passent dans le secondaire, où le rythme est plus soutenu, ils ne peuvent pratiquement plus suivre.
Les problèmes sont aussi physiologiques: douleurs à la main, au poignet, à l'épaule, fatigue, déconcentration, troubles du comportement, etc. Pour la graphothérapeute Sylvie Tramasure, 9% des enfants concernés sont victimes d'un déficit de l'attention, 8% sont dyslexiques, 2,5% dyspraxiques, 1,8% atteints de troubles neurologiques et 25% sont des surdoués qui s'ignorent.
Selon cette étude, l'ordinateur et le temps de plus en plus limité consacré par les enfants à l'écriture ou aux activités de bricolage sont incriminés. La photocopie, qui a supplanté la prise de notes manuscrites, est également pointée du doigt. (belga)


