80 millions pour augmenter le pouvoir d'achat du citoyen
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Les gouvernements wallon et de la Communauté française ont décidé jeudi, au cours d'une réunion conjointe, d'une série de mesures destinées à répondre aux problèmes de pouvoir d'achat. D'un coût de 80 millions d'euros, elles visent des domaines très divers: transport scolaire, crèches, économies d'énergie, fiscalité, etc.
Agir sur le salaire"On sait qu'une crise frappe à nos portes et nous n'avons pas voulu rester insensibles", a souligné le ministre-président des deux gouvernements, Rudy Demotte. Il a rappelé toutefois que les seules entités fédérées ne pouvaient résoudre tous les problèmes: un plan fédéral est attendu qui agirait directement sur le salaire "poche" des bas et moyens revenus.
Suppression de la redevance radioL'une des mesures emblématiques est la suppression de la redevance radio à partir du 1er octobre. Elle est perçue auprès de 830.000 Wallons et leur permettra d'économiser 27 euros par an. La Région wallonne est la seule des trois Régions à prélever encore une redevance radio-tv. Sa suppression est réclamée depuis longtemps mais, à de nombreuses reprises, le ministre du Budget, Michel Daerden a expliqué qu'il ne pouvait se passer d'une telle recette (près de 200 millions d'euros). L'abrogation de la redevance radio est une première étape avant que ne suive, peut-être, la redevance télévision, bien plus onéreuse.
Bus moins cher pour les jeunes"A chaque jour sa peine. J'y pense intensément mais mes collègues me disent que ça coûte cher", a ironisé M. Daerden. Le prix des abonnements scolaires pour les transports en commun baissera et la mesure vaudra pour toute la Communauté française. Le bus sera gratuit pour les 0-12 ans en Wallonie (c'est déjà le cas à Bruxelles) et une réduction de 50% sera pratiquée en Wallonie et à Bruxelles pour les jeunes au-delà de 12 ans.
Prix des crèchesLes deux gouvernements ont veillé à réduire le coût des crèches, qui grève le budget de bon nombre de jeunes ménages. Cette année, près de 70.000 enfants de 0 à 3 ans auront fréquenté les milieux d'accueil de la petite enfance, subventionnés ou non, et les parents y auront consacré entre 45 et 630 euros par mois. Désormais, les familles dont les revenus sont inférieurs à 2.200 euros nets par mois se verront octroyer chaque année une réduction équivalente à un mois d'accueil en crèche selon le barème de l'ONE, soit de 45 à 265 euros selon les cas.
Les familles dont les revenus oscillent entre 2.200 et 3.000 euros nets, recevront un montant plafonné à 200 euros. Les familles dont au moins deux enfants fréquentent simultanément un milieu d'accueil obtiendront une réduction supplémentaire. La première mesure sera doublée pour les familles dont les revenus sont inférieurs à 3.000 euros et les autres familles se verront accorder un montant forfaitaire de 125 euros par enfant.
Bourses scolairesUn fonds de solidarité sera mis sur pied pour diminuer le coût des voyages scolaires. Il permettra une intervention allant jusqu'à 100euros pour les familles qui ont des difficultés à assumer le coût de tels
voyages. Le budget des bourses d'étude sera augmenté de 10%. Cela représentera une augmentation moyenne de 20 euros pour l'enseignement obligatoire et de 100 euros pour l'enseignement supérieur. Le nombre de bénéficiaires de bourses pourra augmenter puisque le revenu pris en compte sera revu à la hausse. Actuellement, 115.000 élèves et étudiants bénéficient d'une bourse en Communauté française.
EnergieDes mesures seront prises en matière d'énergie. Les ménages dont les revenus ne dépassent pas 37.500 euros par an pourront prétendre dès le 1er janvier 2009 à des prêts à un taux de 0 pc pour réaliser des travaux d'économie d'énergie. Le ministre de l'Energie, André Antoine, a voulu aider de la sorte les ménages aux revenus modestes qui ne peuvent accéder aux primes énergie. Les CPAS recevront en outre le renfort de 50 "tuteurs énergie" qui offriront un accompagnement individualisé aux ménages les plus faibles.
Parmi les mesures décidées, on relèvera encore une réduction de 10% de la quote-part payée par les bénéficiaires de l'aide aux familles, la gratuité des bus TEC et De Lijn pour les démarches de recherche d'emploi en Flandre et l'élargissement aux bénéficiaires du statut Omnio des réductions dont bénéficiaient déjà les VIPO sur les réseaux des TEC.
Communauté et régionLes budgets des deux entités pourront supporter le coût de ces décisions (environ 30 millions d'euros à charge de la Communauté et 50 millions à charge de la Région), a assuré M. Demotte. "Nous n'avons pas fait des promesses que l'on n'aurait pas pu tenir", a-t-il
affirmé. (belga)