Numerus clausus: les recteurs préfèrent l'examen d'entrée

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Par: rédaction
5/09/08 - 20h58
Sous la pression des présidents du PS et du cdH, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet (sur la photo), l'exécutif communautaire a délivré au mois de juillet 100 autorisations de passage supplémentaires et laissé la faculté aux universités à prélever 15% du nombre d'autorisations pour 2009.

Les trois présidents des academies francophones ont plaidé vendredi, en marge d'une mission au Mexique, pour l'instauration d'un examen d'entrée aux études de médecine. Tant que subsistera le numerus clausus imposé au niveau fédéral, ils voient dans cette formule la moins mauvaise des solutions.

"La moins mauvaise solution"
"Tant que le numerus clausus sera d'application, la moins mauvaise des solutions serait l'examen d'entrée", a expliqué le président de l'Académie Wallonie-Europe, Bernard Rentier, également recteur de l'Université de Liège.

La saga récente des reçus-collés a renforcé la conviction des trois présidents. Ils n'ignorent pas les arguments opposés à cette formule mais les craintes exprimées ne leur paraissent pas fondées. Les détracteurs de l'examen d'entrée redoutent entre autres que le système ne débouche insidieusement sur un classement des écoles secondaires, selon qu'elles préparent bien ou non aux études de médecine.

"Je ne vois pas que l'examen d'entrée aux études d'ingénieur civil provoque ce genre de phénomène. Un des avantages de l'examen d'entrée serait au contraire d'amener les écoles secondaires et les universités à travailler ensemble", a fait remarquer le président de l'Académie Louvain, Bernard Coulie, également recteur de l'UCL.

Pas un concours
Leur préférence va à un examen et non un concours, qui n'autoriserait l'accès aux études qu'à un nombre prédéterminé d'étudiants. Cette deuxième formule briderait à leurs yeux les jeunes qui veulent étudier et réussissent les épreuves. A propos du numerus clausus proprement dit, ils ne se prononcent pas: la question de réguler l'accès à une profession appartient au politique et non aux recteurs des universités, estiment-ils.

Les trois présidents n'ont en revanche pas mâché leurs mots sur la façon dont le gouvernement de la Communauté française a géré cette année le problème des "reçus-collés", ces étudiants qui avaient réussi leur première année de médecine mais ne pouvaient accéder en deuxième parce que le nombre d'autorisations de passage était insuffisant.

Sous la pression des présidents du PS et du cdH, Elio Di Rupo et Joëlle Milquet, l'exécutif communautaire a délivré au mois de juillet 100 autorisations de passage supplémentaires et laissé la faculté aux universités à prélever 15% du nombre d'autorisations pour 2009. Ce faisant, les règles du jeu ont été modifiées alors que l'année n'était pas encore terminée, regrettent les trois présidents.

"Sous le coup de l'émotion"
"Ce qui n'allait pas, c'est que cette décision a été prise sous le coup de l'émotion et en cours d'année, entre deux sessions. Ca met les universités dans l'embarras et crée une discrimination entre les étudiants", a souligné M. Coulie.

Plus fondamentalement, ils dénoncent aussi les conséquences de cette intervention du politique dans ce domaine. "C'est la première fois que cela se produit: nous devons recommencer une délibération par injonction politique", a-t-il ajouté.

L'augmentation du nombre d'autorisations de passage en deuxième année ne les dérange pas. Ils y voient même une amélioration. Par contre, ils se montrent très critiques sur la possibilité d'utiliser une partie des quotas d'autorisations pour 2009. Elle présente un risque trop important pour les étudiants de l'année suivante, jugent-ils. Elle a aussi donné lieu à l'imbroglio juridique né des recours d'étudiants "reçus-collés" liégeois devant le Conseil d'Etat.

"Vous pouvez faire tous les scénarios possibles: vous êtes face au risque de recours d'un étudiant", a confié le président de l'Académie Wallonie-Bruxelles, Philippe Vincke, également recteur de l'Université libre de Bruxelles. (belga)

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