Le président du MR, Didier Reynders, a invité lundi les chefs de file francophones à se réunir en début de semaine alors que le gouvernement flamand a pris position sur la manière d'organiser le dialogue institutionnel. Cette réunion devrait avoir lieu mardi. Les francophones communiqueront le même jour leurs propositions aux médiateurs.
Socio-économique
Au cours d'une conférence de presse organisée lundi, Didier Reynders a également une nouvelle fois souligné l'intérêt de sa formation pour le socio-économique, "la première des préoccupations chez nous" et confirmé le lancement de la campagne électorale pour le scrutin régional de juin 2009.
"Nous souhaitons être en ordre de bataille pour les élections", a-t-il dit, confirmant qu'il remettra son mandat en jeu. Car "nous sommes dans un parti démocratique", a-t-il précisé, visant, sans la nommer, la situation au cdH.
Non aux négociations sauf...
Ayant pris acte de la proposition du gouvernement flamand
d'organiser un dialogue de communauté à communauté auquel seraient conviés des représentants bruxellois et du fédéral, Didier Reynders a une nouvelle fois laissé entendre qu'il ne s'assoirait pas autour de la table des négociations.
"Nous avons suffisamment de personnel de talent au MR", a-t-il répété, soulignant cependant que "le point de vue francophone sera déterminé au départ des présidents de parti".
M. Reynders s'est défendu de ne vouloir accepter de s'installer à la table des négociations qu'à la condition d'y être aux côtés du Premier ministre Yves Leterme.
"Je n'ai jamais demandé à personne d'en être. J'entends les choix qui sont faits au nord du pays. Il n'y aura pas de Premier ministre, pas de président de parti. J'en prends acte. Les francophones feront connaître leur choix", a-t-il dit, soulignant par ailleurs une nouvelle fois que les réformes ne pourront être mises en route avant les élections.
"Bruxelles et la Wallonie"
Rappelant que la première des priorités était d'ordre socio-économique, M. Reynders a confirmé le lancement de la campagne électorale.
"Nous sommes clairement beaucoup plus près des élections régionales du 7 juin 2009 que des élections législatives de 2007. Il nous appartient de mener ce débat d'opposition, de défendre les habitants de Wallonie et de Bruxelles", deux Régions auxquelles "il faut donner beaucoup plus d'ambition".
"Politique exécrable"
Le Mouvement réformateur organisera sa rentrée officielle dimanche à l'occasion de ses "Estivales" organisées à Stavelot avec l'enseignement comme thématique principale. Didier Reynders a dénoncé lundi la "politique exécrable" menée selon lui depuis des années en Communauté française.
Un des axes de la campagne réformatrice sera la gouvernance dont Didier Reynders a fustigé lundi les lacunes en Région wallonne, parlant de "fausses nominations" au ministère ponctuées d'un "drink d'accueil" organisé par la majorité PS-cdH.
Le président du MR est également revenu sur le non respect des règles d'urbanisme au parc Paradisio. "Il vaut mieux être un parc puissant qu'un couple de personnes âgées", a-t-il dit, rappelant l'affaire Sagawé. Un meeting local sur la gouvernance sera organisé en fin de semaine à Charleroi. Le président du MR pourrait y prendre la parole.
Didier Reynders a par ailleurs dit vouloir remettre à l'avant-plan le "goût de l'effort" et "l'excellence", disant qu'il existe "beaucoup de réussite dans le sud du pays".
M. Reynders a cité l'exemple de la libérale province du Brabant wallon. Il a rappelé que selon lui, les francophones avaient "d'abord rendez-vous avec eux-mêmes" en 2009 pour rattraper l'écart avec la Flandre "qui s'est encore accru".
Nouvelles politiques
Enoncées dans la presse du week-end, ces critiques ont entraîné une réaction du ministre-président wallon Rudy Demotte. "Si cela ne plaît pas aux dirigeants en place, ce n'est pas grave, une personne n'incarne pas une Région mais un pouvoir politique à un moment donné", a-t-il dit.
En visant le PS ou le cdH, Didier Reynders ne les a presque jamais cité dans sa conférence de presse. Il a rappelé l'ambition du MR, comme en 2007, de "faire bouger le centre de gravité dans le sud du pays pour avoir l'occasion de mettre en oeuvre de nouvelles politiques". (belga)


