Numerus clausus: les étudiants des années antérieures oubliés

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Par: rédaction
11/09/08 - 12h02
MISE À JOUR

Dix étudiants "reçus-collés" des promotions 2006 et 2007 de médecine et la Fédération des Etudiants Libéraux (FEL) déposeront jeudi un recours au Conseil d'Etat contre l'arrêté du gouvernement de la Communauté française du 22 juillet qui a délivré des autorisations de passage supplémentaires en deuxième année aux étudiants de la promotion 2008. Le gouvernement a trouvé une solution pour les étudiants de cette année mais semble avoir oublié les étudiants des années antérieures.

"Pas normal"
"Nous sommes dégoûtés. Cela fait plus d'un an que l'on se bat en vain. Cette année, on entre dans une période électorale et cela a sans doute joué pour les étudiants de cette année. Tant mieux pour eux mais ce n'est pas normal que l'on nous oublie comme ça", a expliqué l'un des requérants, Lionel Brescia, étudiant à l'ULg.

Le recours, qui demande la suspension et l'annulation de l'arrêté,
invoque une rupture dans l'égalité de traitement des étudiants. Les
"reçus-collés" de 2006 et de 2007 étaient dans la même situation que leurs compagnons de 2008 mais n'ont pas pu bénéficier d'une décision similaire.

Dépit
Leur dépit est d'autant plus grand qu'ils ne sont qu'une poignée et qu'un geste en leur faveur n'aurait, à les entendre, pas coûté grand chose. "Nous avons le sentiment d'être des laissés-pour-compte", a renchéri un autre requérant, Benjamin Lejeune, lui aussi étudiant à l'ULg.

Outre la discrimination, l'action se fonde sur l'absence de motivation
de l'arrêté et sur le fait qu'il n'a pas été soumis à la section Législation du Conseil d'Etat, un motif classique et récurrent d'annulation, a prévenu l'avocat des parties, Jean Laurent.

Débat
La FEL soutient cette action. "Nous regrettons ces recours des
étudiants mais c'est leur seul moyen pour accomplir les études qu'ils
veulent faire", s'est justifié le président Arnaud Van Praet. La FEL a
toutefois tenu à rassurer les étudiants de 2008: si l'arrêt est annulé,
les attestations supplémentaires octroyées resteront valables.

Au-delà du recours, c'est la question du numerus clausus qui revient
une fois de plus sur le devant de la scène. Pour répondre à la limitation du nombre de numéros Inami délivrées par le fédéral aux futurs médecins et leur permettre d'exercer leur art à l'issue de leurs études, le gouvernement de la Communauté française a placé un filtre à la fin de la première année. Seul un nombre prédéterminé d'étudiants est autorisé à passer en deuxième année.

Imbroglio
Or, certains recalés réussissent leurs épreuves mais se trouvent trop bas dans le classement et sont exclus. Des voix s'élèvent depuis quelques années pour réclamer l'instauration d'un examen d'entrée plutôt qu'en fin de première année. Selon elles, la Communauté française éviterait l'imbroglio juridique dans lequel elle est plongée depuis le mois de juillet et des recours introduits par des étudiants de Liège. Le MR est de cet avis La semaine passée, les recteurs
de l'UCL, de l'ULB et de l'ULg ont abondé dans le même sens.

Les "reçus-collés" de 2006 et 2007 s'y sont joints. "Toute méthode qui restreint l'accès aux études n'est pas bonne mais je pense que l'examen d'entrée est la moins mauvaise des solutions", a souligné M. Brescia.

Pour permettre à tous les élèves du secondaire d'y participer malgré
les différences de niveau entre les écoles, la FEL suggère l'organisation d'un système de cours de remise à niveau pendant l'année scolaire et au cours des vacances. (belga)

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