Adam G. a reconnu lundi, devant la cour d'assises de Bruxelles, avoir poignardé Joe Van Holsbeeck après le vol du MP3 de la victime, le 12 avril à la gare Centrale de Bruxelles, mais a dit ne pas avoir voulu le tuer et "regretter", tandis que la présidente de la cour a relevé des incohérences et des contradictions dans ses déclarations.
"J'accepterai toute décision de la cour, mais je ne voulais pas le tuer. Je regrette", a déclaré Adam G., 19 ans, à la présidente qui l'interrogeait. Dans un français hésitant, et secondé d'une interprète, il a dit avoir conscience du drame et en être responsable. "Pour ma famille, c'est difficile. Mais c'est une tragédie pour la famille de la victime", a-t-il admis.
Il a qualifié de "juste" la décision du juge de la jeunesse de se dessaisir de son cas, "pour que justice soit rendue". Il s'est senti "désemparé" en apprenant la mort de Joe à la télévision polonaise, et avait l'intention de se rendre, a-t-il assuré. Adam G. a affirmé avoir poignardé Joe, 17 ans, parce qu'il était "terrifié" par la résistance de la victime.
Pour de l'argent
Les coups de couteau ont été administrés après le vol du MP3, alors que son comparse Mariusz O. avait déjà pris la fuite, a-t-il précisé, revenant sur ses précédentes déclarations. D'autres incohérences ont été relevées par la présidente, comme l'affirmation selon laquelle il ignorait que Mariusz O. s'était emparé d'un MP3. "Le MP3 ne m'intéressait pas. On voulait voler de l'argent", a répondu l'accusé, qui a désigné Mariusz O., jugé pour les mêmes faits par le tribunal de la jeunesse en décembre 2007, comme étant l'instigateur de l'agression.
Adam G. était arrivé à Bruxelles en minibus, un ou deux jours avant les faits. Il voulait s'y installer avec sa petite amie polonaise que ses parents interdisaient d'épouser en raison de leur appartenance à la communauté tzigane. Il a fait la connaissance de Mariusz O. vers 2001 dans la capitale belge, où ses parents séjournaient épisodiquement et où son frère réside.
Trop laxiste
Il a commis deux vols avec Mariusz O. et le frère de celui-ci, en novembre 2002 et janvier 2003, et un vol avec violences en avril 2003, faits qui lui ont valu une réprimande du tribunal de la jeunesse. "La justice a été trop laxiste avec ces crapules. Si elle s'était montrée plus sévère, mon fils serait peut-être encore en vie aujourd'hui", a réagi le père de la victime, Guy Van Holsbeeck, qui a qualifié l'accusé de "tueur", de "bête sauvage" ou encore de quelqu'un de "bête comme ses pieds".
Scolarisé durant une année à peine, Adam G. vivait dans l'oisiveté, consacrant une grande partie de son temps à la musculation. Au moment du drame, il prenait des stéroïdes et de la testostérone et fumait quatre joints de haschisch quotidiens. Il consommait aussi de l'ecstasy lors de soirées en discothèque.
Couteau
Le matin du 12 avril, Mariusz O. lui a proposé de commettre un vol et remis un couteau "pour faire peur à la victime", a-t-il raconté. Il a accepté, de manière à réunir l'argent nécessaire à l'achat d'un téléphone portable. Peu avant 16H30, après une première tentative de vol contre trois adolescents âgés de 13 à 15 ans, ils ont repéré Joe et son ami, assis sur un muret à l'entrée de la gare Centrale. Ils se sont adressés à eux sous un faux prétexte puis ont tenté de s'emparer du MP3 de Joe.
"Nous avions l'impression qu'ils avaient beaucoup d'argent. Nous avons décidé de les voler, mais c'est Mariusz qui l'a dit en premier", a déclaré l'accusé. Il a assuré n'avoir sorti son couteau que durant l'agression, probablement à deux mains, pour se dégager de la victime et permettre sa fuite. La présidente a relevé la difficulté de l'opération, d'autant plus qu'aux dires d'Adam G., le couteau se trouvait dans la poche de sa veste, qui était fermée par une tirette, "ou peut-être pas".


