"Quelqu'un qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie"

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Par: rédaction
16/09/08 - 13h09

Joe Van Holsbeeck était quelqu'un d'unique, "qu'on ne rencontre qu'une fois dans sa vie", a déclaré mardi son meilleur ami, qui se trouvait à ses côtés lorsqu'il a été poignardé à mort pour son lecteur MP3, le 12 avril 2006 à la gare Centrale de Bruxelles, tout en contredisant la version des faits livrée la veille par l'accusé Adam G.

"Pas l'air agressifs"
Alors qu'ils attendaient une amie à la gare Centrale de Bruxelles, assis sur un muret en écoutant de la musique, Joe et Gilles (prénom modifié) se sont fait aborder par l'accusé Adam G. et son comparse Mariusz O. sous le faux prétexte de se faire indiquer une direction, a raconté le témoin, un étudiant aujourd'hui âgé de 19 ans, devant la cour d'assises de Bruxelles. "Ils n'avaient pas l'air agressifs", a-t-il précisé.

Très vite, les deux agresseurs se sont rués sur le MP3 de Joe. Son meilleur ami Gilles a repoussé Mariusz O. et s'est éloigné pour se diriger vers la foule des navetteurs, en pensant être suivi par son ami. Comme Joe était resté sur le muret, tentant de se relever "pour mieux se défendre", il est revenu vers lui et a écarté une seconde fois Mariusz O., "sans violence". Ce faisant, il a remarqué un couteau "de type Opinel" dans la main d'Adam G.: seule une lame, d'une dizaine de centimètres, dépassait de la manche de sa veste; il le tenait très près de son corps.

"Quand je vois le couteau, Joe est toujours assis", a indiqué Gilles. Il n'a cependant pas vu les sept coups portés à son ami, ni l'agresseur sortir l'arme. Mariusz O. s'est alors emparé du MP3, avant de prendre la fuite avec son complice en direction de la Grand-Place, sans s'être échangés de signal préalable, selon le témoin. "Il est impossible que Mariusz n'ait pas vu le couteau", a-t-il assuré, précisant que ni lui ni Joe n'avaient une attitude agressive. "Nous voulions juste repousser deux jeunes qui voulaient nous voler", a-t-il dit.

Contradiction
Le témoignage de Gilles contredit les déclarations de l'accusé qui, interrogé lundi par la cour, a affirmé avoir poignardé Joe après le vol du MP3 par Mariusz O. et la fuite de ce dernier.

Après la fuite des agresseurs, Gilles a remarqué une grande tache de sang sur la poitrine de son ami, qu'il a rencontré aux scouts quelques années plus tôt. "Il a marché un peu, puis il s'est écroulé". Une passante, secouriste bénévole, lui est venu en aide. Gilles a appris la mort de son meilleur ami dans la soirée, durant son audition par la police. "C'était dur, impossible à avaler", s'est-il rappelé.

"Tout est devenu transparent"
Après le crime commence pour le témoin une période difficile. "Tout est devenu fade, comme transparent. La vie n'avait plus de sens. J'avais l'impression de ne plus avoir d'ami, d'être paumé, d'avoir perdu le goût des choses", a-t-il expliqué. "Il était brisé et avait perdu son insouciance", a confirmé à l'audience son père, dont les deux autres enfants ont également été traumatisés par le drame. "Joe était presque un fils de plus à la maison", a-t-il ajouté.

Joe "était un gosse avec une tête de plus que tout le monde, quelqu'un qu'on ne peut pas rencontrer deux fois dans sa vie, d'une gentillesse incroyable", a encore dit Gilles de son meilleur ami, avec qui il a vécu des "moments de vie privilégiés". "Dommage qu'il ne soit plus là pour montrer qui il était". (belga)

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