MISE À JOUR
L'accusé Adam G., 19 ans, a vu ses déclarations mises à mal par les images des caméras de surveillance de la gare Centrale de Bruxelles projetées ce mardi à la cour d'assises qui le juge pour le meurtre pour faciliter le vol de Joe Van Holsbeeck, 17 ans, le 12 avril 2006.
A peine plus de cinq minutes s'écoulent entre l'arrivée de Joe et de son ami à la gare et la fuite de leur deux agresseurs après le vol du lecteur MP3 de la victime, ressort-il des photographies extraites des séquences vidéo et commentées à l'audience par l'équipe d'enquête, dirigée par la juge d'instruction Patricia Jaspis.
Adam G. et son comparse Mariusz O. sont entrés à la gare une cinquantaine de secondes après Joe et son ami, vers 16h21, selon l'expert qui a retravaillé ces images. Dans un premier temps, ils sont descendus jusqu'aux quais à la recherche de trois jeunes qu'ils venaient de tenter de voler en face de la gare. En remontant, ils ont repéré Joe et son ami. Après s'être plantés à quelques mètres des deux adolescents et les avoir observés, passant et repassant devant eux, pendant près de deux minutes, ils les ont abordés sous un faux prétexte et se sont très rapidement rués sur Joe pour s'emparer de son MP3. L'agression a duré 17 secondes. La victime s'est écroulée 13 secondes plus tard et est décédée dans la soirée.
Contrairement à ce qu'a déclaré l'accusé, Joe Van Holsbeeck est resté assis durant la majeure partie de l'agression, jusqu'à ce qu'il se penche vers l'avant ou soit tiré du muret où il s'était installé avec son ami pour attendre une camarade.
Adam G. avait affirmé lundi l'avoir poignardé dans un accès de peur, alors que son complice avait déjà pris la fuite avec le MP3. Il craignait que l'adolescent qui s'était levé et l'avait saisi par les épaules, selon lui, ne retourne l'arme contre lui. Or, aucune image ne montre que Joe a, à un moment ou un autre, pris le dessus sur son agresseur, a souligné l'expert. En outre, une seconde seulement sépare l'accusé de Mariusz O. dans leur fuite, ce qui met à mal ses déclarations. Il avait déjà pris les jambes à son cou alors que son comparse n'était pas encore sorti de la gare. Durant leur fuite, qui les a menés à la proche station de pré-métro Bourse, où ils sont montés dans un tram en direction de la gare du Nord, ils ont ôté leurs blousons afin d'empêcher leur identification éventuelle.
Mariusz O. a pu être identifié par d'anciens enseignants grâce aux images que leur ont montrées la police. Lorsque les enquêteurs sont venus l'interroger à son athénée d'Anderlecht, le 24 avril, il était mal à l'aise et avait le regard fuyant, a indiqué une enquêtrice. Rapidement, il a fondu en larmes et est passé aux aveux. Ses déclarations ont permis de remonter la trace d'Adam G., interpellé trois jours plus tard en Pologne, où il avait fui.
La cour d'assises entendra mercredi le témoignage par vidéoconférence des trois jeunes ayant fait l'objet d'une tentative de vol, après la diffusion des deux reconstitutions du crime. (belga)


