Fernand Koekelberg, le numéro 1 de la police fédérale, est accusé d'avoir octroyé des promotions inexpliquées à deux de ses collaboratrices.
Fernand Koekelberg n'est pas encore fixé sur son sort. Une procédure disciplinaire a été déclenchée et devra déterminer la sanction dont écopera le numéro 1 de la police fédérale.
Christa Debeck aurait bénéficié d'une nomination illégale.
Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Patrick Dewael et Jo Vandeurzen, n'ont pas encore décidé s'ils allaient prendre des mesures - et le cas échéant lesquelles - à l'encontre du sommet de la hiérarchie de la police fédérale, ont-ils fait savoir mardi soir à l'issue d'un entretien.
De source bien informée, on indiquait toutefois qu'une procédure disciplinaire sera déclenchée. Il y aurait, dit-on, suffisamment d'éléments selon lesquels les règles disciplinaires ont été outrepassées. D'après les deux ministres et le Comité P, il existe, sur base des trois rapports des services de contrôle, suffisamment d'indications permettant d'affirmer que le commissaire général Fernand Koekelberg, l'inspecteur général Luc Closset, et l'ancien inspecteur général adjoint Guido Van Wijmersch, aujourd'hui à la tête de la zone de police de Bruxelles-Ixelles, ainsi que l'ex-collaboratrice du cabinet Dewael Christa Debeck, ont violé les règles disciplinaires.
Selon des spécialistes de la procédure disciplinaire en vigueur à la police, cette situation entraîne l'élaboration d'un rapport introductif motivé et détaillé. Sur base de ce rapport pourra être entamée une procédure contradictoire. Des mesures disciplinaires seront ensuite proposées. La procédure disciplinaire en vigueur à la police prévoit sept sanctions possibles. Deux sanctions peuvent être qualifiées de légères: l'avertissement et le blâme.
D'autres sont plus lourdes: une retenue sur salaire, une suspension de maximum trois mois, une dévalorisation dans l'échelle barémique, la démission et la destitution d'office. Une procédure disciplinaire peut durer quelques semaines ou quelques mois. Dans l'attente du lancement d'une telle procédure, les ministres Dewael et Vandeurzen peuvent prendre des mesures d'ordre en vue d'assurer le bon fonctionnement du service. Ils ne l'ont pas fait à ce stade.
Il n'est donc pas question pour l'instant d'un détachement vers un autre service ou d'une suspension. A l'issue de leur entretien, les deux ministres ont diffusé le communiqué suivant: "Sur base des trois rapports de synthèse du Comité P, les ministres de l'Intérieur et de la Justice, sont d'avis, à l'instar du Comité P, qu'il existe suffisamment d'indications selon lesquelles Fernand Koekelberg, Luc Closset, Guido Van Wijmersch et Christa Debeck ont outrepassé les règles disciplinaires.
Les deux ministres examinent dès lors le dossier complet et jugeront, eu égard aux éléments dont ils disposent, de la nécessité et de la nature de mesures disciplinaires". (belga)


