MISE À JOUR
La majorité soutient le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael, mis sur le grill mercredi au parlement dans le dossier des nominations douteuses à la tête de la police fédérale.
Interpellations parlementaires
M. Dewael a répondu mercredi aux questions des parlementaires, en Commission de l'Intérieur de la Chambre, en n'apportant pas d'élément nouveau à cette affaire sur laquelle s'est penché le Comité P. Il a confirmé le lancement de procédures disciplinaires à l'encontre de la hiérarchie policière tout en insistant sur le droit à la défense, et annoncé une enquête interne dans son cabinet.
La majorité tient bon
Le ministre de l'Intérieur entend appliquer les recommandations du Comité P et permettre aux services de police de fonctionner normalement, conformément à la décision du Conseil des ministres restreint qui s'est réuni lundi soir et mercredi matin. En Commission de l'Intérieur mercredi, les arguments du ministre n'ont pas convaincu l'opposition préoccupée par la gestion de son cabinet dans ce dossier. Ecolo, Groen!, la Lijst Dedecker et le VB ont exigé en vain la démission du ministre de l'Intérieur. La majorité est restée soudée.
Violation des règles disciplinaires
Selon les ministres de la Justice et de l'Intérieur, et le Comité P, il existe, sur base des trois rapports des services de contrôle, suffisamment d'indications permettant d'affirmer que le commissaire général Fernand Koekelberg, l'inspecteur général Luc Closset, et l'ancien inspecteur général adjoint Guido Van Wijmersch, aujourd'hui à la tête de la zone de police de Bruxelles-Ixelles, ainsi que l'ex-collaboratrice du cabinet Dewael Christa Debeck, ont violé les règles disciplinaires.
Une enquête pour faux et usage de faux a en outre été mise en route au parquet de Bruxelles concernant Guido Van Wijmersch et Luc Closset. Patrick Dewael conclut du fait que l'enquête a démarré entre les mains du procureur du roi de Bruxelles et non du procureur général qu'il n'est lui-même pas concerné. Et relativement aux autres autres cas, il n'y a eu ni plainte au parquet ni recours au Conseil d'Etat, a-t-il souligné.
Nomination Debeck
L'opposition évoque notamment, sur foi des rapports du Comité P, une "construction" ayant permis, à partir du cabinet, de monter un dossier de nomination profitable à Christa Debeck. Jean-Marie Dedecker a demandé la mise en place d'une Commission d'enquête parlementaire sur la gestion du dossier par le cabinet Dewael et accusé le ministre d'avoir été mis personnellement au courant de ce qui se tramait, il y a un an.
Le ministre de l'Intérieur a répété qu'il avait fait confiance à ses services et souligné qu'il n'y avait pas d'indication selon laquelle son cabinet serait mêlé à cette affaire de nominations illégales. Il a cependant annoncé une enquête interne, stigmatisant une "attitude déloyale" dans le chef de Mme Debeck dont, a-t-il précisé, une missive envoyée dans le cadre de la gestion de son dossier stipulait de "ne pas remettre cette note au chef de cabinet".
Neutralisation
Les députés de la majorité ne sont intervenus mercredi que peu ou prou. A l'issue des débats, le chef de groupe PS, Thierry Giet, soulignait qu'après les rapports du Comité P, le lancement de procédures administratives et/ou judiciaires allait permettre à chacun de s'expliquer. L'opposition a indiqué avoir le sentiment que dans cette affaire le Commissaire général Fernand Koekelberg et le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael tentaient de se "neutraliser". (belga)


