Les agresseurs de Joe "souriaient" durant leur fuite

sauvegarder
Par: rédaction
17/09/08 - 18h05

L'accusé Adam G. et son comparse "souriaient" durant leur fuite, après l'agression de Joe Van Holsbeeck pour son lecteur MP3 dans le hall de la gare Centrale de Bruxelles, le 12 avril 2006, a affirmé mercredi un témoin devant la cour d'assises de Bruxelles.

"Je suis sûre que tous les deux étaient souriants", a déclaré la jeune femme, qui avait vu les deux protagonistes courir "deux, trois minutes avant qu'on me prévienne que quelqu'un venait de se faire planter". "Ils couraient très vite, comme s'ils venaient de voler. Je m'attendais à voir quelqu'un à leurs trousses. Ils souriaient. Cela m'a frappée", a-t-elle précisé.

Secouriste
Lorsque Joe était à terre, une secouriste bénévole de la Croix-Rouge lui est venue en aide, en comprimant sa plaie au coeur avec un mouchoir. "Par moments, il donnait l'impression de reprendre conscience, mais je le voyais partir de plus en plus", s'est-elle souvenue.

Hémorragies internes
Une autre navetteuse l'a secondée, tenant la tête de la victime jusqu'à l'arrivée des médecins secouristes. "Je l'appelais par son nom et lui parlais en lui tapotant la joue, pour ne pas le perdre", a-t-elle expliqué. "Il a ouvert ses yeux à trois reprises". Il a réagi une dernière fois, par un petit cri, lorsqu'elle lui a apposé un masque à oxygène sur le visage à la demande des services de secours. Lorsqu'elle a demandé à la secouriste bénévole s'il allait s'en sortir, celle-ci a sécoué la tête négativement. "Elle m'a dit qu'il avait des hémorragies internes. J'en ai été bouleversée", a dit le témoin.

Autre tentative
Adam G. et son comparse Mariusz O., jugé par le tribunal de la jeunesse en décembre 2007, avaient tenté de voler trois jeunes de 13 à 15 ans, en face de la gare Centrale, quelques minutes avant de s'en prendre à Joe et à son ami. L'accusé a agrippé l'un d'eux par l'épaule, légèrement en retrait de ses amis, et a dit "Police", ont raconté les adolescents mercredi par vidéoconférence. "Il ne me voulait pas du bien", a précisé celui qui fut retenu. Les jeunes ont pris peur et ont couru vers la gare, où un train les attendait, tout en remarquant que les autres les suivaient, mais en marchant. "On s'est fondu dans la masse pour qu'ils ne nous retrouvent pas", ont-ils expliqué.

Identifié formellement
Ils se sont faits connaître après l'appel à témoins lancé par la justice en vue d'identifier les meurtriers de Joe Van Holsbeeck, poignardé à mort pour son lecteur MP3 dans le hall de la gare quelques minutes après la tentative de vol. Deux d'entre eux ont formellement identifié l'accusé lors d'une confrontation. Adam G. ne doit pas répondre de ces faits en assises.

Pas effrayé par le nombre
"Un couteau était prêt pour la rapine et prévu en cas de difficulté", a souligné après leur témoignage le conseil de la famille Van Holsbeeck, Me Preumont. Interrogé sur le risque d'agresser un groupe de jeunes qui leur étaient supérieurs en nombre, Adam G. avait en effet indiqué aux enquêteurs que "ça ne poserait pas problème", selon Mariusz O., "car j'avais un couteau". (belga)

Votre avis nous intéresse!