Les agresseurs de Joe Van Holsbeeck, poignardé à mort pour son lecteur MP3 à la gare Centrale de Bruxelles, le 12 avril 2006, se rejettent la responsabilité des faits dans une confrontation filmée visionnée mercredi par la cour d'assises de Bruxelles.
L'accusé, Adam G., et son comparse Mariusz O. se désignent mutuellement comme l'instigateur de l'agression et le meneur, dans la vidéo de la confrontation réalisée le 13 septembre 2006. L'accusé reviendra sur ce dernier élément par la suite, reconnaissant que son complice n'était pas le chef.
Ils livrent aussi des versions contradictoires quant à ce qui est advenu du MP3 volé et du couteau avec lequel Joe a été poignardé. Ces objets n'ont jamais été retrouvés.
Selon Adam G., c'est Mariusz O. qui a gardé le MP3, car celui-ci ne l'intéressait plus "après tout ce qui était arrivé. On ne voulait d'ailleurs par dérober un MP3, mais de l'argent". Son complice soutient le contraire: "c'est moi qui l'avait jusqu'à notre séparation", près de la gare du Nord. "Puis Adam m'a demandé de le lui remettre pour pouvoir le revendre".
Quant au couteau, affirme l'accusé, Mariusz O. le lui a donné quand ils ont décidé de voler, "pour faire peur" à la victime, et non pour tuer. Il l'a jeté sous une voiture durant sa fuite. Son complice conteste et dit n'avoir vu le couteau qu'après l'agression de Joe.
"Je suis dégoûté qu'il a tué", dit Mariusz O., qui n'est plus qu'"un étranger" pour son complice.
Tous deux s'opposent encore sur plusieurs autres points, comme les circonstances dans lesquelles ils ont fait connaissance, quelques années plus tôt, la durée du séjour d'Adam G. en Belgique en avril 2006, ou le lieu où ils se sont séparés après le crime. A l'enquêtrice qui relève leurs nombreuses contradictions, ils assurent chacun dire la vérité.
Plusieurs de ces contradictions persisteront jusqu'au terme de l'enquête, notamment quant au rôle décisionnel de chacun et au sort du couteau et du MP3.
Adam G. est accusé de meurtre pour faciliter le vol. Mariusz O. a été jugé pour ces faits en décembre 2007 par le tribunal de la jeunesse, qui a pris à son encontre une mesure de placement à l'IPPJ (Institution publique de protection de la jeunesse) jusqu'à ses 20 ans, qu'il fêtera en octobre 2009.
Après les experts en matinée, la cour entendra jeudi après-midi le témoignage de Mariusz O., qu'elle a refusé d'entendre par vidéoconférence comme il l'avait sollicité. (belga)
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