Les secrétaires Ricour et Savonet dénoncent jalousie et sexisme
Sylvie Ricour et Anja Savonet, les deux secrétaires écartées du sommet de la police fédérale à la suite d'une polémique sur leur commissionnement, dénoncent dans
Paris Match Belgique la jalousie, les préjugés sexistes et la médiocrité dont elles estiment être victimes.
Promotions-canapéAlors que certains médias ont évoqué à leur sujet des "promotions-canapé", Mme Ricour, ex-secrétaire du commissaire général de la police fédérale Fernand Koekelberg, se dit stupéfaite de constater que la presse puisse "se faire le réceptacle de telles affirmations gratuites, d'allégations mensongères qui sont de nature à détruire l'équilibre familial et professionnel d'une personne".
"Erreur collective"Un an après la plainte anonyme sur ces deux commissionnements, le Comité P "dit qu'il y a eu une erreur quelque part dans l'interprétation de la loi et des statuts. C'est possible, mais si tel est vraiment le cas, elle a été commise collectivement et de bonne foi", affirme Sylvie Ricour.
Conseil d'EtatEt la secrétaire de se demander s'il revient bien au Comité P de constater cela, si ce n'est pas plutôt le travail d'une juridiction administrative comme le Conseil d'Etat. "C'est alors un débat compliqué pour des juristes mais rien d'autre, certainement pas une "affaire Koekelberg"".
300 euros d'augmentationEn avril 2007, soit en fin de législature, poursuit Sylvie Ricour, "le ministre (de l'Intérieur Patrick Dewael) a annoncé à M. Koekelberg qu'il estimait qu'Anja et moi devions recevoir une amélioration de traitement, vu le travail fourni depuis de nombreuses années". Elle parle de 300 euros nets d'augmentation par mois.
Hasard étrangeSylvie Ricour juge par ailleurs "abject" de suggérer que l'écartement de l'ancienne porte-parole de la police fédérale Els Cleemput soit né d'une querelle entre les deux femmes. Mais elle évoque aussi les tensions professionnelles qui existaient entre elles et fait remarquer que "la dernière campagne de presse qui a conduit à notre écartement provisoire, en juillet dernier, est survenue quelques jours à peine après son écartement à elle. C'est peut-être un hasard, mais je ne peux m'empêcher de me poser des questions..."
Préjugés sexistesSelon les deux secrétaires, à travers elles, c'est Fernand Koekelberg qui est visé. "Dans cette affaire, il y a de la jalousie, des préjugés sexistes et beaucoup de médiocrité", affirme Sylvie Ricour, qui s'en prend à l'ancienne gendarmerie.
Prises en grippe"Aux yeux de certains, à la police fédérale, on représente un changement qui n'a pas été accepté par tous. On a participé de près à une réforme qui a suivi les dysfonctionnements de l'affaire Dutroux et certains nous ont prises en grippe rien que pour cela. Par exemple, un membre du comité P qui est actif dans l'enquête actuelle n'hésite pas à nous appeler Julie et Melissa quand il parle d'Anja et moi. Certains regrettent encore la gendarmerie de jadis". (belga/7sur7)