Manifestation de l'ULB pour la régularisation des sans-papiers

Un peu plus de 400 étudiants de l'Université Libre de Bruxelles (ULB) ont manifesté lundi après-midi, dès 14h00, en faveur de la régularisation des sans-papiers. Une septantaine de sans-papiers occupent depuis le 7 avril dernier un bâtiment de l'ULB, à Ixelles, et sont en grève de la faim depuis plus de 70 jours.
Les autorités de l'ULB, représentées par le recteur Philippe Vincke et le président du conseil d'administration de l'ULB Jean-Louis Vanherweghem, ont participé à la manifestation et se trouvaient en tête du cortège.
Un parcours modifiéLes manifestants devaient initialement parcourir quelques centaines de mètres mais les étudiants, encadrés par la police, ont décidé d'improviser un parcours dans les rues d'Ixelles et de Bruxelles, en passant notamment par un tunnel de l'avenue Louise, la place Flagey, la chaussée d'Ixelles et la colonne du Congrès.
La manifestation s'est clôturée devant la Bourse, peu avant 18h00.
Juste avant la manifestation, une assemblée générale, intitulée "Action humanitaire en faveur des sans-papiers", s'est tenue à 13h00 dans un auditoire de l'ULB.
Décision humaineLors de cette assemblée, le président du comité de liaison chargé d'établir le contact entre les occupants et l'université, Luc Masser, a demandé, au nom des autorités de l'ULB, au pouvoir politique de prendre une décision humaine pour les grévistes de la faim et de traiter ensuite le dossier global des sans-papiers.
Il a indiqué que l'ULB avait pris ses responsabilités en encadrant les grévistes de la faim qui occupent un de ses bâtiments depuis le 7 avril. "Malgré cet encadrement, une situation dramatique peut arriver à un moment ou l'autre. Le politique n'a lui pas encore pris ses responsabilités", a-t-il dit.
Le Bureau des Etudiants Administrateurs (BEA) de l'ULB, qui représente la communauté étudiante de l'université, estime que celle-ci a un rôle actif à jouer dans les débats de société.
Il considère que, face à l'absence de réaction du monde politique à la problématique des sans-papiers, il est nécessaire d'impliquer l'ensemble de la communauté universitaire.
L'ULB a un rôle à jouer
"La défense de valeurs, comme celle des droits de l'Homme, qui sont partagées par l'ensemble de la communauté universitaire impose à celle-ci de réagir", a conclu le BEA.
Le professeur de sociologie Andrea Réa a appuyé la demande adressée par le BEA aux autorités universitaires de s'impliquer dans le dossier des sans-papiers. Il estime que l'université a un rôle à jouer dans ce dossier délicat en apportant, en dehors de toute considération politique, des connaissances.
Un étudiant huéUn étudiant, hué par l'assemblée, a demandé si les sans-papiers n'exerçaient pas une forme de chantage auprès d'un gouvernement démocratiquement élu en menant une grève de la faim.
"La grève de la faim est l'arme des pauvres à qui l'on dénie le droit de s'exprimer. Ces personnes n'ont pas accès à l'espace public. La grève de la faim est une demande à rentrer dans l'espace public", a répondu M. Réa. "Les sans-papiers étaient exemplaires. Ils ont organisé des actions démocratiques mais n'ont pas eu de réaction politique. Quand ils ont annoncé qu'ils entamaient une grève de la faim, il y avait des caméras et les relations avec le cabinet de la ministre Turtelboom ont commencé", a ajouté Martin Deleixhe, un étudiant membre du Comité d'Action et de soutien aux occupants sans-papiers de l'ULB. (belga/7sur7)