MISE À JOUR
Plusieurs témoins entendus mardi matin au procès de Marcel Habran et consorts ont infirmé les déclarations faites la veille par Rolando Cerri. Ces témoignages portent sur les vérifications effectuées lors de l'enquête sur les informations données par ce témoin protégé.
La petite-fille de Marcel Habran a raconté qu'elle se rendait souvent
au garage de son oncle et de son grand-père, cet endroit désigné par Cerri comme une sorte de plaque tournante du "milieu" liégeois. La jeune femme a affirmé qu'elle n'y a jamais aperçu tous les personnages dont Cerri prétend qu'ils y étaient régulièrement.
Rolando Cerri prétend aussi qu'il avait été chargé par un détenu de
récupérer chez Joël Schraenen une valise contenant des vêtements et des effets personnels dans laquelle auraient également pu se trouver des armes. Ce détenu, Félix V., a affirmé que cette valise, en provenance de la prison, ne pouvait contenir que des vêtements et des effets personnels.
Félix V. a aussi précisé qu'il n'avait jamais fait de projet précis
d'évasion, comme le prétendait Cerri, mais qu'il avait simplement annoncé qu'il profiterait d'une occasion de prendre la fuite si elle se
présentait. "Je n'ai jamais remis de matériel à Cerri pour qu'il organise l'évasion de Félix V.", a déclaré à l'audience Joël Schraenen.
Les débats de la cour d'assises ont aussi porté sur le caractère vénal
de Cerri tel que décrit par plusieurs accusés et témoins. Ainsi, Félix V. a confié qu'il avait un jour remis une somme de 40.000 euro à Cerri que ce dernier devait utiliser pour redémarrer une activité.
"Il est parti avec cet argent. Cerri devait à cette époque aller
s'installer au Maroc et avait besoin de beaucoup d'argent pour son voyage et ses visas", a soutenu Félix V.
"En confiant ses déclarations farfelues aux enquêteurs, le témoin
protégé Cerri a réalisé le plus beau hold-up de sa vie", a lancé Joël
Schraenen.
Ceux qui ont eu l'occasion de fréquenter Rolando Cerri en prison l'ont
tous décrit comme un manipulateur à la recherche d'informations à
monnayer.
"Il effectuait des préparatifs d'évasion puis dénonçait les faits à la police. Il avait soif de sortir et racontait des mensonges", a
affirmé un ancien détenu.
Cerri aurait encore été plus loin. "Il cherchait à s'informer sur différentes choses pour pouvoir vendre ses informations aux autorités et se donner de la crédibilité, a affirmé un autre détenu. "Il allait jusqu'à nouer des contacts avec certains détenus. Il allait véritablement à la pêche aux renseignements pour se constituer un fichier de données sur différentes attaques commises.
Il posait souvent des questions et cherchait à connaître certains détails cruciaux d'attaques ayant eu lieu en région liégeoise. Il proposait même à certains détenus d'aller consulter des dossier et de lui rapporter des éléments précis", a-t-il ajouté. (belga)


