Deux enquêteurs de la Brigade de Répression du Banditisme (BRB) ont été entendus mardi après-midi par la cour d'assises de Liège. Sollicités sur base d'une commission rogatoire, ils ont dressé le portrait de Michel Anthemus et Vincent Buret, deux "pointures" du grand banditisme.
L'enquête liégeoise ayant fait l'objet d'investigations à l'étranger, plusieurs commissions rogatoires ont été ordonnées dans le dossier examiné par la cour d'assises. Deux enquêteurs du Quai des Orfèvres ont ainsi entendu Michel Anthemus à plusieurs reprises. Ce dernier, fiché comme truand en Belgique, est en effet établi à Paris où il est considéré comme un citoyen sans histoire.
Un "beau mec"
Il vit dans l'anonymat le plus complet, ne possède pas de cartes de banque ni de voiture et utilise son téléphone uniquement pour la réception d'appels. "Il n'a fait parler de lui qu'en 1982 lorsque, évadé de Belgique, il a été retrouvé en possession d'un sac d'armes. Mais c'est un personnage haut en couleur, qui est d'une courtoisie exemplaire lors de ses auditions. Il n'a jamais attiré l'attention des policiers français", ont précisé les enquêteurs.
Selon l'expression reprise par les policiers français, "Anthemus ne chasse pas sur les terres où il a établi son gîte". Il vit à Courbevoie, une banlieue chique de Paris, à proximité de la Défense. C'est aussi un personnage qui ne lâche des informations que quand il est acculé. "En interrogatoire, il attend d'abord de voir que ce nous avons en magasin avant d'en dire plus. C'est ce qu'on considère comme 'un beau mec' dans le jargon policier", ont expliqué les deux hommes.
Buret est prioritaire
Sur les faits, Michel Anthemus a raconté peu de choses aux policiers français. Ce sont ces éléments qu'il a lui-même développés devant la cour d'assises lundi lors de son audition. Anthemus s'était dit étranger à l'affaire de Waremme et son emploi du temps a pu être vérifié. Bien que cette partie du dossier n'est pas encore instruite par la Cour, les enquêteurs français ont également évoqué la personnalité de Vincent Buret, l'accusé absent du procès et toujours en fuite.
"La France aimerait mettre la main dessus car il est pressenti dans de nombreux dossiers. Sa recherche est devenue prioritaire. Mais il semble s'être volatilisé. Il était bien établi à Paris et faisait des allers-retours en Belgique. Après avoir 'pris de l'ampleur', il se serait installé sous des cieux plus cléments de l'autre côté de la Méditerranée", ont commenté les deux enquêteurs de la BRB parisienne.
Bras droit
Vincent Buret serait installé dans le nord de l'Afrique. Même si sa femme et ses enfants sont encore en France, les autorités judiciaires n'auraient plus de nouvelles de lui depuis un an. Les autres témoignages entendus mardi après-midi ont tourné autour de la crédibilité à accorder aux déclarations de Rolando Cerri, le témoin protégé.
Un autre détenu qui l'a fréquenté en prison a dit de lui qu'il était à l'affût de renseignements pour se sortir de prison. "Il accostait les détenus, se présentait comme le bras droit de Habran et se disait capable de les aider en échange d'informations pouvant étayer ses déclarations", a expliqué ce témoin.
"Tous ces petits policiers, je les ai leurrés", a soutenu un autre détenu qui s'était accusé en 2004 d'avoir volé deux Chrysler Voyager pour le compte de Schraenen. Et d'expliquer que son seul objectif, en faisant ces déclarations, était de prendre la fuite car chaque audition pouvait être une occasion. La Cour ne siègera pas ce mercredi. La veuve de Léopold Maréchal, témoin protégé, sera entendue jeudi.
- Anthemus dément ses confidences à Cerri


