Le CD&V confirme la fin du cartel

Le cartel CD&V N-VA a cessé d'exister au niveau flamand et national, a confirmé mardi soir la présidente des démocrates-chrétiens flamands, Marianne Thyssen, à l'issue d'une assemblée générale du parti à Zellik. Le CD&V semble avoir tourné la page à cet égard. Selon Mme Thyssen, la direction du parti a reçu mardi le soutien nécessaire au lancement du dialogue communautaire.
La direction du CD&V a réussi mardi soir à convaincre l'assemblée générale que la décision de participer à un dialogue communautaire sous la férule du ministre-président Kris Peeters était la bonne, a indiqué mardi soir Marianne Thyssen.
Le premier ministre Yves Leterme et le vice-premier ministre et ministre de la Justice Jo Vandeurzen ont défendu les choix entrepris par le parti et ont appelé à soutenir le dialogue. La direction du CD&V défendra les mêmes positions samedi à l'occasion d'un congrès. Il devait s'agir à l'origine d'un congrès thématique mais étant donné les circonstances, il s'agira d'un congrès d'actualité à l'occasion duquel les militants "pourront intervenir, poser des questions et faire connaître leurs desideratas", a indiqué Mme Thyssen.
Pas de déceptionMardi soir, en début d'assemblée générale, une certaine incertitude régnait quant à savoir comment se manifesteraient la déception et les critiques portant sur la rupture avec la N-VA, avec le risque ensuite de voir cette déception éclipser le congrès de samedi. "Je n'ai pas vraiment ressenti de déception. J'ai vu quelques membres soucieux. Des gens qui se demandaient: comment est-il possible qu'un terme brutal soit mis à cette relation?", a indiqué Marianne Thyssen.
Concernant la subsistance du cartel, Mme Thyssen a été on ne peut plus limpide mardi soir après avoir eu pendant la journée un entretien avec son homologue de la N-VA, Bart De Wever. "Nous avons fait le constat qu'en ce qui concerne les échelons flamand et fédéral, nos chemins se séparent". Au niveau local et provincial, les liens unissant les deux formations ne seront pas rompus.
"Personne ne doit se réjouir à l'idée d'un divorce sanglant. Nous allons traîter cela proprement", a assuré Mme Thyssen. Lundi, le président de la N-VA, Bart De Wever, avait qualifié la rupture au sein du cartel de "catastrophe pour la Flandre". Jo Vandeurzen a réagi mardi soir en indiquant que M. De Wever aurait dû "y penser plus tôt".
RéformeLe premier ministre Yves Leterme a souligné mardi soir que son parti était véritablement demandeur d'une réforme de l'état et que le CD&V "veut faire preuve de témérité en vue d'obtenir cette réforme de l'état". Il ne s'agira pas, dans le chef des chrétiens-démocrates flamands, "de prendre le parti de simplement nous ranger sur le côté", a-t-il précisé, soulignant qu'il soutiendra Kris Peeters dans le dialogue communautaire, "épaule contre épaule".
Pour sa part, le ministre-président flamand a indiqué que le dialogue allait exiger du "courage", cela dès son lancement. Kris Peeters a par ailleurs balayé du revers de la main les critiques du président des Jeunes CD&V, Bert De Brabandere qui déclarait à l'entame de l'assemblée générale que le parti avait été amené à prendre une décision sur foi d'informations erronnées, à savoir de pseudo-garanties offertes par les francophones. "Je ne vois pas en quoi nous aurions menti", a dit le ministre-président.
Enfin, Kris Peeters s'est montré contrarié jeudi soir par la propagation de certaines rumeurs. Selon l'une d'entre elles, il y aurait eu un "sérieux clash" entre M. Peeters et le premier ministre Yves Leterme. Les deux hommes ont accueilli cette information avec étonnement et incrédulité. "Mais on peut encore organiser ce clash, hein Peeters", a ironisé le premier ministre.