MISE À JOUR
Les membres de la famille des deux convoyeurs de la Brinks tués lors de l'attaque du fourgon de Waremme ont été entendus vendredi matin devant la Cour d'assises de Liège. Les épouses des deux convoyeurs ainsi qu'un des enfants ont évoqué leur souvenir avec émotion devant les jurés. C'est par les membres de la direction de la Brinks que les familles des victimes ont appris le décès des deux convoyeurs du fourgon. Le fils de Benny Demeester a raconté que sa personnalité a été modifiée après ce drame.
"Impact sérieux"
"C'est quand mon père n'est pas rentré le soir que j'ai pris conscience qu'il ne rentrerait plus jamais, a-t-il expliqué. Ce fut un
impact sérieux sur ma vie. Comment expliquer à mon enfant de 4 ans ce qui s'est passé et qu'il n'aura jamais de grand père ? Si les agresseurs s'étaient contentés d'arrêter le fourgon sans tirer et de réclamer l'argent, je ne pense pas que mon père aurait refusé de donner l'argent."
"La douleur et la tristesse vont de pair avec une vie totalement détruite, a ajouté l'épouse de Benny Demeester. Benny était un homme social et gentil. Du jour au lendemain, tout est supprimé. On a l'impression de tomber dans un puits sans fond et l'on ne prend conscience qu'il faut continuer à vivre après quelques mois. Je ne comprends pas très bien comment des personnes peuvent tuer d'autres personnes."
"Il était fier de son travail"
L'épouse de Koen Meirens a précisé que leur fils était âgé de 2 ans à
l'époque des faits. "Il était un bon père mais son fils n'aura pas
l'occasion de le connaître, a expliqué l'épouse. C'était un homme brave et social. Il ne pensait pas aux risques de son métier et était fier de son travail. Nous, les victimes, nous avons été condamnées à vie !"
La Cour a également entendu la juge d'instruction Danielle Reynders
(devenue Procureur du Roi de Liège depuis) qui est intervenue en mars 2005 au moment où les différents dossiers de braquages et d'assassinats ont été joints et fédéralisés à la demande du parquet fédéral. Il s'agit de sa première audition sur un total de 14 prévues à l'agenda de la Cour.
Alibi
"Les principaux protagonistes ont nié leur implication dans les faits,
a expliqué Danielle Reynders. "Schraenen a prétendu que les personnes qui l'ont accusé l'ont fait par intérêt. Didier Singleton parce qu'il aurait été convaincu qu'il allait se faire abattre et Hata Prékopuca parce qu'elle pensait que Schraenen était responsable de la mort de son mari." Mme Reynders a procédé à un résumé général des positions adoptées au cours de l'enquête par l'ensemble des protagonistes.
Elle a également évoqué l'alibi présenté par Marcel Habran qui, lorsqu'il était soupçonné d'avoir participé à l'attaque de Waremme, a prétendu que les déclarations de Didier Singleton étaient copiées sur les révélations effectuées plus tôt dans l'enquête par Rolando Cerri.
Echec
"Marcel Habran nous a fait remarquer que le dossier le désignait comme responsable de l'échec de l'attaque de Waremme parce qu'il aurait actionné trop tôt un gyrophare, a précisé la juge d'instruction. Mais il a contesté sa participation et a fait remarquer que c'est l'endommagement du système d'ouverture des portes du fourgon lors des tirs qui était à la base de l'échec de l'attaque."
Les derniers témoins du volet du dossier relatif à l'attaque de
Waremme sont attendus à la barre ce vendredi après-midi. (belga)


