Commission d'enquête sur la crise: le PS isolé dans la majorité

sauvegarder
Par: rédaction
1/10/08 - 15h15

Le PS se trouve isolé au sein de la majorité pour demander une Commission d'enquête parlementaire sur la crise financière internationale, ses répercussions en Belgique et le rôle du monde financier. La Commission des Finances de la Chambre entend la semaine prochaine le président de la Commission Bancaire et Financière (CBFA), Jean-Paul Servais, et le gouverneur de la Banque nationale, Guy Quaden.

"La position du gouvernement est qu'après les auditions, il reviendra au parlement de déterminer lui-même la méthode de travail à adopter", a indiqué mercredi en conférence des présidents de la Chambre le vice-premier ministre et ministre des Finances Didier Reynders cité par sa porte-parole. Selon elle, M. Reynders s'exprimait ainsi au nom du gouvernement. Le ministre MR avait indiqué mardi en Commission des Finances être ouvert à toute proposition, soulignant que si une Commission d'enquête devait être installée elle aurait à entendre tout le monde et notamment les administrateurs de banques (dont ceux représentant les différents partis politiques).

En "off", plusieurs groupes politiques ont fait savoir que le ministre Reynders avait fait savoir à la conférence des présidents que le gouvernement ne souhaitait pas de Commission d'enquête parlementaire dotée des pouvoirs d'un juge d'instruction. D'aucuns ont également soulevé que le PS n'avait pas bronché. "Nous continuons à soutenir une telle idée", a-t-on répété mercredi au groupe socialiste de la Chambre, indiquant que la proposition de loi avait été déposée. Le cdH, le CD&V et l'Open Vld sont, eux, opposés à la mise en place d'une Commission d'enquête.

"Il y a des enseignements à tirer de la crise. Cela peut se faire dans le cadre du travail parlementaire classique, que cela soit en Commission des Finances ou dans une Commission ad hoc. Il ne faut pas effrayer les gens, une Commission d'enquête a les pouvoirs d'un juge d'instruction, cela va susciter des sous-entendus. Commençons par les auditions. Le marché a besoin de stabilité et de sécurité", a indiqué mercredi Christian Brotcorne, chef de de groupe cdH. Chez les démocrates-chrétiens flamands, on ne dit pas autre chose. "La mission première du politique aujourd'hui, est de restaurer la confiance et stabiliser les marchés", a indiqué Servais Verherstraeten, chef de groupe CD&V.

L'Open Vld est également opposé à la Commission d'enquête.
Le PS, le sp.a et Groen! en défendent l'idée. Dans l'opposition, côté francophone, Ecolo ne veut pas mettre la charrue avant les boeufs. "Il nous faut obtenir des réponses. Certaines doivent venir très rapidement, d'autres peuvent attendre", a-t-on indiqué mercredi. "L'urgence commande qu'il y ait des auditions, elles auront lieu la semaine prochaine. Nous devons savoir ce qui s'est passé, notamment au niveau du contrôle". Ecolo insiste également sur la nécessité de "transparence" dont a besoin le "contribuable bailleur de fonds". A cet égard, il y a lieu de procéder à "un examen juridique quant à la possibilité d'organiser une enquête qui ne mette pas les banques en péril".

Dans les rangs flamands, le chef de groupe sp.a, Peter Vanvelthoven, a fustigé l'attitude des partis de la majorité qui refusent la Commission d'enquête. "On ne veut pas que certaines affaires apparaissent au grand jour", a-t-il dit, soulignant que le président de la CFA, Jean-Paul Servais était l'ancien chef de cabinet du ministre des Finances Didier Reynders. "Peut-être que la carrière de certaines personnes en dépend", a-t-il lancé. (belga)

Votre avis nous intéresse!