Faouzia Hariche.
Le collège des bourgmestre et échevins de la Ville de Bruxelles a entériné vendredi le renoncement de l'échevine de l'Enseignement Faouzia Hariche à l'adossement d'écoles dans le cadre du décret sur les inscriptions scolaires. Le cdH avait demandé un délai de réflexion de 24 heures mais les dés étaient jetés. Pour pouvoir favoriser des inscriptions entre écoles adossées, il aurait fallu que la demande soit formulée avant le 30 septembre.
Opposition des socialistes
La première phase de la période d'inscriptions pour l'année 2009-2010 sera ouverte durant les deux premières semaines du mois de novembre. Sont concernés par celle-ci enfant ayant déjà un frère ou une soeur dans l'école, et les enfants reconnus comme ayant des besoins spécifiques (handicap, etc.). La Ville de Bruxelles ne fera pas droit à la demande de certains parents et enseignants de retenir le critère prioritaire de l'adossement d'écoles primaire à une école secondaire déterminée qui existe dans le décret à titre transitoire. Ce critère avait divisé PS et cdH à Communauté française, les socialistes y étant résolument opposés.
A la Ville de Bruxelles, le collège ne s'était pas prononcé lors de sa réunion de jeudi, le cdH ayant demandé un délai de réflexion de 24 heures. Selon l'échevine de l'Enseignement, la décision finale a été prise en moins de 5 minutes vendredi. Mais la marge de manoeuvre était extrêmement ténue car pour recourir à cette possibilité pour une école secondaire de signer une convention avec une école fondamentale donnant une priorité d'inscription aux élèves qui en sont issus, il eut fallu en faire la demande avant le 30 septembre.
Deux critères prioritaires
Selon l'échevine qui s'en est expliquée vendredi, à l'issue de la réunion du collège, le bourgmestre et les échevins de la Ville se sont par ailleurs mis d'accord sur deux autres critères prioritaires à prendre en compte lors de l'inscription des élèves en première année d'humanités: l'augmentation de 5pc du nombre d'élèves domiciliés sur le territoire de la Ville de Bruxelles, et un seuil plancher de 15 pc d'élèves provenant des écoles défavorisées.
Ce n'est qu'une fois ces critères rencontrés que les autres élèves seront inscrits sur base de la classe d'âge, et non de l'ordre alphabétique et de la date de naissance, deux critères auxquels le décret autorise le pouvoir organisteur de recourir, s'il le souhaite, mais que le collège a décidé de rejeter.
Le MRAX est content
D'après Faouzia Hariche, les parents des élèves en fin du cycle primaire seront dûment informés des critères d'inscription. Selon elle, quelque 90 pc des élèves se sont retrouvés en septembre dans l'école de leur choix. Il sera demandé aux parents qui auront inscrit leur enfant dans plusieurs écoles de faire connaître l'école dans laquelle celui-ci aura finalement été inscrit, pour éviter que les autres établissements ne doivent attendre jusqu'au premier septembre avant de connaître avec précision le nombre d'élèves qui entament effectivement leur parcours en humanités dans leur établissement.
Dans un communiqué, le Mouvement contre le Racisme, l'Antisémistisme et la Xénophobie (MRAX), s'est réjoui de l'attitude du collège échevinal de la Villde de Bruxelles car l'adossement s'apparente selon lui en réalité à une discrimination indirecte. "Il est une façon détournée de refuser, temporairement certes, la mixité sociale, nécessaire pour assurer un avenir serein à tous. En renonçant à utiliser cette mesure transitoire permise par le décret « mixité », la Ville de Bruxelles place l'ensemble des élèves sur un pied d'égalité au moment de leur inscription dans l'enseignement secondaire", a commenté le Mouvement.
Pour l'association, il est inadmissible d'accorder un privilège à une minorité de parents, en se cachant derrière le prétexte du « continuum pédagogique ». Tous les enfants, quel que soit l'établissement scolaire, ont droit à un enseignement de qualité. Le MRAX a enfin invité les autres pouvoirs organisateurs à suivre son exemple, en refusant de conclure de convention, même durant cette période transitoire. (belga)


