Les premiers témoins et victimes de l'attaque survenue le 9 octobre 2000 sur l'aéroport de Findel au Luxembourg ont été entendus mercredi matin devant la Cour d'assises de Liège. Ils ont évoqué des faits commis par six auteurs et fait part des traumatismes qu'ils ont conservés à la suite de cette attaque.
Ce sont principalement des employés de l'aéroport de Luxembourg, bagagistes, mécaniciens et membres du personnel au sol, qui ont été victimes des faits. Ils s'affairaient autour de l'avion de la Crossair et au chargement des valeurs lorsque la camionnette des braqueurs est arrivée sur le tarmac. Six hommes encagoulés et habillés de noir en sont sortis avec des armes et ont fait coucher les victimes au sol.
Certaines victimes ont été bousculées, fouillées et maintenues au sol un pied pressé sur la nuque ou une arme sur la tête. "Ils ont tiré sur les véhicules qui étaient autour de l'avion", a expliqué un des témoins. "Ils étaient menaçants et criaient des ordres". Les victimes ont exposé que cette attaque avait laissé chez elles des traumatismes physiques et moraux importants. Un des employés qui était présent sur les lieux a tenté de prendre la fuite en passant sous l'avion. Un des auteurs a tiré sur lui à deux reprises et l'a touché.
Le convoyeur du fourgon a pour sa part tenté de prendre la fuite au volant du véhicule. Après avoir détourné l'attention du braqueur qui tenait le lance-roquette, il a démarré mais les braqueurs ont tiré en sa direction. Claude Kremer, accusé d'avoir participé à ce braquage de Findel et d'avoir été celui qui a pénétré dans la soute pour aller y chercher les sacs de devises, a pris la parole pour commenter les faits évoqués. "Le dossier est présenté par les enquêteurs uniquement à charge", a-t-il regretté.
"Jamais on ne présente les éléments à décharge dans le travail des enquêteurs. Je demande aux jurés de bien écouter les débats et de prendre des notes. Car dans cinq mois, ils devront se souvenir de tous ces faits. La Justice m'a déjà libéré trois fois dans le cadre de ce dossier et je me suis toujours présenté de manière spontanée. Je suis venu chercher un acquittement, pas pour me faire couper la tête ! "
L'expert en balistique Marc Lavergne est venu préciser que seulement deux armes ont été utilisées pour faire feu lors de l'attaque menée sur l'aéroport de Findel. Une Kalachnikov (34 douilles) et un pistolet 9 mm (2 douilles). Le lance-roquette Low n'a été utilisé qu'à titre de démonstration puisque les braqueurs se sont placés à trop courte distance de leur cible pour pouvoir réellement utiliser cette arme. Dans leur fuite et lors de leur interception par la police luxembourgeoise, Vincent Buret et Koenraed Spitaels ont tiré à 36 reprises avec deux Kalachnikov autres que celle utilisée à l'aéroport.
"Ils avaient des moyens offensifs particulièrement efficaces, surtout en comparaison avec les armes utilisées par les forces de police", a terminé l'expert en balistique. Deux policiers intervenus dans la poursuite des malfaiteurs ont détaillé leur affrontement avec Spitaels et Buret. "Les deux auteurs ont directement tiré en notre direction lorsque nous les avons repérés", ont-ils expliqué. Ils ont tiré continuellement dans notre direction. C'était une fusillade aussi violente que ce que l'on voit dans les films". L'un de ces policiers a été touché d'une balle dans la tête. Un autre a été grièvement blessé par une balle qui a ricoché sous la voiture derrière laquelle il tentait de se protéger. (belga)


