Plusieurs personnes ont évoqué mercredi devant la Cour d'assises de Liège l'intensité de la violence déployée par les braqueurs lors des faits qui se sont déroulés sur l'aéroport de Findel et lors de la poursuite qui a opposé les malfaiteurs aux policiers luxembourgeois. Les braqueurs n'ont jamais hésité à tirer.
"Je me suis vu mourir"
Le chauffeur du fourgon de la Brinks a expliqué que les convoyeurs venaient de déposer l'argent dans l'avion lorsque l'attaque a débuté. Pris de panique, le chauffeur s'est jeté au sol pour se cacher. Son collègue a pris le volant pour prendre la fuite mais un tir l'a atteint. "J'ai senti un brûlure et je me suis vu mourir", a expliqué cet homme touché de deux balles à la jambe, aux intestins et au foie.
Pris dans la fusillade lors de la poursuite d'une partie des braqueurs (Buret et Spitaels), un policier a été blessé au foie et a conservé une invalidité partielle. Il a parlé de la violence déployée par les braqueurs. "Ils ont tiré alors que nous étions encore dans le véhicule, a-t-il expliqué. J'ai eu le temps de répliquer avec deux coups de feu. Mais notre voiture a ensuite été prise sous un feu violent. Vingt-sept balles ont atteint notre véhicule."
"Celui qui a tiré n'a pas hésité"
Un automobiliste de passage sur les lieux a aussi été victime des faits. Sa voiture s'est retrouvée prise entre le véhicule des braqueurs et celui des policiers. L'homme a eu le temps de se jeter sur le siège passager avant que de nombreuses balles traversent sa voiture. Aucun tir ne l'a atteint. Une femme qui circulait à cet endroit a été confrontée à la présence immédiate d'un des tireurs. "Un homme est sorti d'une voiture juste à côté de moi et a commencé à tirer, a-t-elle expliqué. J'ai été obligée de me coucher. Les tirs étaient très violents et très rapides. Celui qui a tiré n'a pas hésité. Il était déterminé."
Après cette fusillade, les braqueurs ont tenté de s'enfuir. Mais ils ont été pris dans un accident avec un autobus. Spitaels, touché à la jambe, à tenter de voler la voiture d'un autre automobiliste. C'est l'intervention du chauffeur de bus qui a empêché sa fuite. Spitaels est le seul à avoir été intercepté lors de cette attaque.
Une partie du butin pour financer un trafic de drogues
Le chef d'enquête Tahir a résumé l'enquête réalisée dans l'ensemble du dossier luxembourgeois et a évoqué notamment les investissements réalisés à la même époque par les différents accusés. Une partie du butin aurait été réinsérée dans un trafic de drogue. Dalem aurait pour sa part échangé de nombreuses devises en jetons au casino de Chaudfontaine.
Jeudi, la Cour entendra deux témoins capitaux qui ont dénoncé les faits. Le témoin protégé Rolando Cerri sera entendu pour la troisième fois, dans le cadre des faits luxembourgeois cette fois, tandis que Jean-Philippe Mathieu sera entendu pour la seconde fois. (belga)


