Le budget en déficit ou pas? La question reste ouverte

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Par: rédaction
12/10/08 - 18h32

Le gouvernement a poursuivi dimanche la confection du budget 2009. Les travaux purement politiques ont été interrompus en début d'après-midi et pourraient reprendre dimanche soir. En attendant, des membres du gouvernement continuent leurs travaux sur des points techniques.

On pourrait aussi aborder en fin d'après-midi le délicat dossier asile et immigration mais ce n'est pas certain. Le programme de la soirée dépendra aussi des décisions qui auront été prises au niveau européen lors du Sommet de l'Eurogroupe.

Pause
Les travaux budgétaires du gouvernement ont été mis en veilleuse dimanche après-midi pour permettre au premier ministre Yves Leterme et au ministre des Finances Didier Reynders de communiquer sur la décision du gouvernement relative aux petits actionnaires de Fortis puis de se rendre à Paris pour assister à un sommet de l'Eurogroupe sur la crise financière. Pendant leur absence, des ministres poursuivent les discussions sur des éléments plus techniques.

Samedi soir, on disait qu'il resterait environ encore 2 milliards d'euros d'économies à trouver sur les 6,5 à 7 milliards qu'on cherchait au départ. Si on arrive à les trouver, le budget 2009 sera à l'équilibre sur la base des dernières hypothèses de croissance du Bureau du Plan, à savoir 1,2%.

Surplus irréalisable
Le pacte de stabilité prévoyait de réaliser un surplus budgétaire de 0,3% en 2009 mais dans les circonstances actuelles -crise financière internationale et ses conséquences sur l'économie- cet objectif semble irréalisable. L'équilibre sera déjà très difficile à atteindre, note-t-on dans les milieux gouvernementaux, d'autant plus que le gouvernement veut malgré tout dégager un minimum de moyens pour quelques initiatives nouvelles.

La polémique surgie dimanche à la suite des déclarations de représentants de partis de la majorité fédérale à propos de l'équilibre budgétaire s'inscrit dans ce cadre. Pour les partis francophones, un léger déficit est envisageable afin de permettre au gouvernement de prendre quelques mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Pas question!
A entendre le chef de groupe CD&V à la Chambre Servais Verherstraeten, on croyait qu'il en était aussi ainsi pour les sociaux-chrétiens flamands mais un communiqué radical de l'Open Vld qualifiant un déficit d'inacceptable à immédiatement entraîné une prise de position plus stricte du CD&V par la voie de sa présidente Marianne Thyssen. Le CD&V non plus ne veut pas entendre parler d'un déficit.

Croissance en baisse
Les discussions sur le budget dans les circonstances actuelles sont qualifiées de virtuelles par les observateurs. Les choses sont en effet particulièrement aléatoires. En élaborant un budget à l'équilibre sur la base d'une croissance de 1,2%, on risque de devoir faire de nombreux contrôles et ajustements ultérieurs car tout semble indiquer que les hypothèses de croissance seront d'ici peu revues à la baisse (jusqu'à 0,3 ou 0,2% de croissance seulement).

On pourrait même avoir une croissance zéro ou une croissance négative même si le Secrétaire d'Etat adjoint au ministre des Finances, Bernard Clerfayt, s'est voulu rassurant dimanche. Selon lui, la croissance resterait positive en Belgique en 2009 et le pays éviterait la récession prévue dans d'autres pays européens. M. Clerfayt a tiré ces conclusions après avoir assisté samedi à la réunion semi-annuelle du Comité Monétaire et Financier International (CMFI) du Fonds monétaire international à Washington.

Objectifs
Au cours des derniers jours, on a aussi évoqué la possibilité de reporter à plus tard la confection du budget mais actuellement, le but serait toujours de boucler l'exercice. "Nous voulons aller le plus loin possible puisque de toute façon, il faut à un moment faire un budget", disaient certains. Le gouvernement également encore affiner sa position sur le budget de l'INAMI avant la réunion du Conseil général de demain lundi.

Le Comité de l'assurance de l'INAMI a approuvé lundi passé la proposition de budget des soins de santé élaborée par les mutualités. Arrêtant des mesures d'économie visant à maîtriser les dépenses, la proposition prévoit par ailleurs quelque 200 millions d'euros pour financer des initiatives nouvelles identifiées comme prioritaires en 2009 par les différentes Commissions de convention. Le gouvernement doit déterminer sa position à l'égard de cette proposition en vue de la réunion du Conseil général lundi. On ne serait pas loin d'un accord au sein du Comité restreint à ce propos.

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