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De Crem propose l'envoi d'instructeurs en Afghanistan en janvier

Pieter De Crem
La Belgique pourrait dépêcher dès janvier prochain une équipe d'instructeurs, forte d'une septantaine de militaires, au profit de l'armée afghane dans la région de Kaboul, puis la déployer trois mois plus tard dans le nord de l'Afghanistan.

Telle est du moins la proposition que le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V), a faite au gouvernement, dans une note au Conseil des ministres restreint.

Le principe de l'envoi d'une telle équipe - baptisée "Operational Mentoring and Liaison Team" (OMLT) dans le jargon de l'OTAN, qui dirige la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan - avait été approuvé le 1er février par le gouvernement Verhofstadt III, tout comme celui de quatre avions de combat F-16 à Kandahar (sud) à partir du 1er septembre.

La date alors envisagée pour le déploiement de cet OMLT (une vingtaine d'instructeurs, plus l'encadrement nécessaire) était "à partir du 1er octobre au plus tôt", mais elle n'a cessé de glisser dans le temps, M. De Crem ayant évoqué l'échéance de mars 2009.

70 personnes déployées à Kaboul
Dans sa note, M. De Crem suggère un déploiement à Kaboul en janvier 2009, puis à Kunduz (nord de l'Afghanistan) en avril, estimant le nombre de personnes concernées à 70 et le coût "net" de cet engagement accru en faveur de l'armée nationale afghane (ANA) à 5,667 millions d'euros pour l'année prochaine - sur les 42,336 millions d'euros que coûtera en 2009 la participation belge à l'ISAF.

Qu'une proposition pour le moment
Le cabinet de M. De Crem a précisé qu'il ne s'agissait encore que d'une proposition, qui doit être approuvée par le Conseil des ministres dans son ensemble. "Toute autre réaction à cette note serait prématurée", a-t-on ajouté de même source.

La même note propose - outre le "retrait complet au 15 avril 2009" du contingent de quelque 335 Casques bleus belges présent depuis deux ans au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) - de prolonger de six mois, jusque fin août 2009, la mission de quatre F-16 belges et d'une centaine de militaires à Kandahar (sud de l'Afghanistan).
Au maximum "vingt militaires belges"
Quelque 310 militaires belges resteraient en outre chargés, tout au long de l'année 2009, de la protection et du fonctionnement de l'aéroport international de Kaboul (KAIA), alors que se poursuivrait la participation d'une vingtaine d'hommes à une équipe provinciale de reconstruction ("Provincial Reconstruction Team", PRT) dirigée par l'Allemagne à Kunduz.

M. De Crem envisage enfin la participation d'"au maximum" vingt militaires belges pour mettre en oeuvre des avions-radar AWACS de l'OTAN, que l'ISAF réclame depuis des mois pour améliorer la coordination de ses opérations aéroterrestres contre les talibans.
Le ministre note toutefois que les modalités de cet engagement sont toujours en discussion au sein de l'OTAN - où la France s'oppose au financement de cette mission, d'un coût total estimé à une centaine de millions d'euros par an.

La Belgique est l'un des seize - sur 26 Etats-membres - participants à la flotte OTAN de détection aérienne lointaine (NAEWF), dont les dix-sept Boeing E-3A AWACS sont basés à Geilenkirchen (ouest de l'Allemagne, à côté de la frontière néerlandaise). Elle y affecte une cinquantaine de personnes, sur les quelque 1.600 que compte cette unité multinationale, dans plusieurs spécialités, dont une quinzaine de membres du personnel navigant.

L'OTAN étudie depuis des mois l'engagement d'AWACS en Afghanistan, mais se heurte à de nombreuses réticences: financières de la part de la France, qui possède en propre quatre appareils du même type, mais aussi politiques de la part de l'Allemagne - et dans une moindre mesure de la Belgique. Berlin refuse que ces avions-radar et leurs équipages, pour un tiers allemands, viennent appuyer l'autre opération en cours en Afghanistan, "Liberté immuable" ("Enduring Freedom", OEF), sous commandement américain, visant à éradiquer les talibans et le réseau terroriste al-Qaïda.

Selon la note de M. De Crem, la participation militaire belge à l'ISAF, qui est d'environ 524 hommes, tomberait à 424 en septembre 2009, après le retour des F-16 déployés à Kandahar.

L'opération la plus coûteuse
Avec un coût estimé à plus de 42 millions d'euros, l'Afghanistan s'annonce comme l'opération la plus coûteuse de celles que devrait mener l'armée belge l'an prochain pour un montant total de 61,982 millions d'euros. A ce montant s'ajoutent les 75,128 millions d'euros liés à la participation possible, en cas de crise, aux forces de réaction rapide de l'OTAN (la NRF) et de l'Union européenne (les groupements tactiques ou EUBG). (belga)
26/10/08 12h01
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