Lundi matin débutera devant la cour d'assises de Namur le procès de Jean Lambert (45 ans) et de Michel Leduc (38 ans). Ils doivent répondre de coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur la personne de Christiaan Schlingmann, un Néerlandais qui gérait la cafétéria du camping "Les 7 Meuses" à Rivière. Les deux accusés sont aussi coupables d'avoir frauduleusement soustrait le portefeuille de la victime contenant 450 euros.
Le soir du 3 avril 2006, les policiers sont avisés qu'une personne a été retrouvée morte, gisant dans une flaque de sang, à son domicile de la rue des cortils à Rivière. La victime est identifiée comme étant Christiaan Schlingmann, gérant de la cafétéria. Son corps est retrouvé partiellement déshabillé, au pied de la cuvette des toilettes.
Par ailleurs, des traces de sang sont retrouvées un peu partout dans l'habitation: sur l'ordinateur, sur le sol, dans la chambre à coucher, sur un interrupteur. L'autopsie révèle de multiples plaies, des ecchymoses et des hématomes sur le cuir chevelu.
Au cours de l'enquête, les recherches téléphoniques permettent de relever un appel dévié sur la messagerie de la victime. L'appelant est un certain Michel Leduc, bien connu des services judiciaires pour des faits de vols. Rapidement, les enquêteurs font le lien avec Jean Lambert que Michel Leduc considère comme son frère. Lui aussi possède un important pedigree judiciaire.
Interpellés quelques jours plus tard, les deux hommes reconnaissent s'être rendus à la cafétéria du camping le dimanche 2 avril 2006 afin de consommer une quantité importante d'alcool. Ils racontent ensuite qu'à un moment de la soirée, Jean Lambert a signalé à son frère que la victime, qui se trouvait alors dans son bureau, était en possession d'un portefeuille.
Il a ensuite conseillé à son comparse d'aller le voler et, à toutes fins utiles, de se munir de la barre de fer suspendue dans la pièce au cas où Christiaan Schlingmann se rendait compte de ses intentions. Et c'est précisément ce qui s'est passé. Pris la main dans le sac, Michel Leduc a immédiatement frappé sa victime à deux ou trois reprises avec la barre de fer, puis il a pris l'argent, a quitté les lieux et est allé partager son butin avec son frère.
Si, dans ses déclarations, Jean Lambert a fortement varié, Michel Leduc, lui, est resté constant. Il a en effet précisé que l'intention d'aller voler au camping n'avait pas été préalablement préparée, que c'était bien Jean Lambert qui lui avait désigné la présence du portefeuille, et que c'était encore lui qui lui avait conseillé de prendre la barre de fer et d'en faire usage si nécessaire.
Par ailleurs, l'examen de la personnalité et du psychisme des deux accusés a révélé que Michel Leduc est un psychopathe qui estime devoir obéissance à son frère en vertu du droit d'aînesse et se soumet donc à ses ordres. Les experts concluent même que Jean Lambert est "la tête" tandis que Michel Leduc représente "les jambes". (belga/chds)
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