Après d'autres pays européens, et quelques heures avant le dernier Sommet de la présidence française, la Belgique a arrêté jeudi son plan de relance pour l'économie de l'ordre de 2 milliards d'euros ou 0,6% du PIB. Le plan "tient compte des possibilités budgétaires, du cadre européen, et est le fruit d'une concertation étroite avec les partenaires sociaux et les Régions", a commenté le Premier ministre Yves Leterme.
Après s'être attelé à prendre des mesures pour pallier la crise financière et sauver l'épargne, le gouvernement s'est attaché, au travers d'un plan de relance, à offrir un ballon d'oxygène aux entreprises, garantir l'emploi et renforcer le pouvoir d'achat et investir dans la croissance et la durabilité.
Au regard des paramètres actuels, et tenant compte des mesures décidées pour lutter contre la crise dont la mise en oeuvre de l'accord interprofessionnel, la Belgique devrait connaître un déficit budgétaire d'1,8%, intégrant l'effort, devenu évanescent, des Régions et la détérioration des paramètres économiques.
Afin de leur créer de la marge financière, le gouvernement va proposer aux entreprises qui éprouvent des difficultés d'obtenir un retard des paiements de TVA et du précompte professionnel, durant les trois premiers trimestres de 2009, sans encourir d'amende. Dans ce cas de figure, les intérêts de retard seront également fortement réduits. Des facilités de paiement des cotisations ONSS et INASTI seront également autorisées (report d'un trimestre 2009 en 2010).
Dans le cadre de l'allégement de charges, le gouvernement poursuit son effort relatif à la dispense de versement du précompte professionnel. De 0,25%, elle passera à 0,75% à partir du 1er juin 2009, et à 1% à partir du 1er janvier 2010. Le coût budgétaire est de 233 millions d'euros en 2009, a indiqué le ministre des Finances Didier Reynders.
Le ministre a répété les mesures prises pour soutenir le secteur de la construction (300 millions d'euros en 2009). Au-delà des baisses de TVA, il sera procédé à une extension des réductions de l'IPP pour l'isolation des sols et des murs. Les réductions d'impôts pourront être prises en compte sur plusieurs années même si les travaux sont effectués la même année.
En matière d'emploi, la diminution complémentaire globale des charges sur le travail sera de 455 millions en 2009, d'1,056 million en 2010. Dans le cadre de la simplification des plans d'embauche, un effort sera notamment porté sur la composante bas salaires, a expliqué la ministre de l'Emploi Joëlle Milquet. Les cotisations payées au niveau du salaire minimum à 21 ans diminuent de 15 à 12%.
Alors que s'annonce un nombre important de restructurations, le gouvernement fédéral a décidé de prendre en charge les frais d'outplacement, y compris pour les travailleurs qui n'ont pas 45 ans, a indiqué Joëlle Milquet.
Le ralentissement économique passe aussi par du chômage économique dans nombre d'entreprises. Le montant des allocations de chômage temporaire passera à 70% pour les travailleurs cohabitants et aux taux de 75% pour les isolés et chefs de famille au 1er janvier 2009. Le plafond de salaire sur lequel sont calculées les allocations sera relevé de 300 euros, passant de 1.906 à 2.206 euros par mois. Il est en outre mis fin à la discrimination entre mariés et non mariés.
Enfin, les travailleurs intérimaires pourront également prétendre à une allocation de chômage temporaire.
En ce qui concerne le régime général de chômage, il sera procédé à un relèvement des plafonds salariaux de 300 euros par mois pour les six premiers mois; de 150 euros par mois entre le septième et le 12ème mois pour les nouveaux entrants, conformément à la décision prise lors de la confection du budget de relier les allocations au bien-être.
En ce qui concerne l'effort de l'Etat en matière d'énergie, au-delà des négociations avec les producteurs qui viennent de déboucher sur un engagement à baisser les prix de 10% pour le gaz et 6% pour l'électricité, le gouvernement interviendra via une réduction unique de 30 euros sur la facture d'électricité. "Tous les ménages sont ainsi concernés car cette mesure vise la consommation classique", a relevé la vice-Première ministre Laurette Onkelinx.
L'équipe Leterme traduira aussi dans les faits l'accord interprofessionnel dont le renforcement du pouvoir d'achat à hauteur de 125 euros nets en 2009 et 250 euros nets en 2010. Cela pourra se faire via des chèques-repas ou, nouveauté, d'un chèque vert (investissement écologique).
Le ministre Reynders a rappelé le relèvement de la déductibilité professionnelle (85 millions) et l'indexation des barèmes fiscaux (1,2 milliard en 2009). Le gouvernement mise aussi sur le développement durable et l'accélération des investissements pour renflouer l'économie. Le ministre Reynders a évoqué le Palais d'Egmont (phase 3); Laurette Onkelinx a parlé des travaux dans le cadre Beliris dont la rénovation de l'avenue Léopold III à Bruxelles.
Le gouvernement sera ainsi intervenu en trois phases, via le budget pour soutenir le pouvoir d'achat, en appuyant la concertation sociale, et en adoptant un plan de relance, a résumé Mme Onkelinx. (belga)


