Geneviève Lhermitte s'était ouvert de longue date à son amie Valérie Guirsch de l'exaspération que suscitait la présence du Dr Schaar dans son foyer. Elle avait peur d'en parler à son mari mais paraissait décidée à le faire la veille de l'assassinat de ses enfants, a indiqué jeudi soir Valérie Guirsch devant la cour d'assises.
"Elle aurait voulu une vie de famille"
"Elle aurait voulu avoir une vie de famille rien qu'avec ses enfants et son mari", a souligné Valérie Guirsch, seule véritable amie de Geneviève Lhermitte.
Le 27 février 2007, Valérie Guirsch lui a conseillé d'en parler avec son mari le lendemain lorsqu'il rentrerait du Maroc. "Elle avait hâte que son mari rentre pour lui en parler", a-t-elle déclaré.
"Je sais ce qu'elle a fait et il n'y a rien qui change"
Le lendemain, Valérie Guirsch n'a fait que croiser Geneviève Lhermitte lorsqu'elles laisseront leurs enfants à l'école. Peu avant de tuer ses enfants, Geneviève Lhermitte a déposé sa lettre d'adieu dans la boîte aux lettres de Valérie Guirsch qui sera réceptionnée par son compagnon, Dimitri Cranembrouck.
Ce dernier a lu cette lettre dans laquelle elle disait "partir avec ses enfants très loin et pour toujours". Il n'a pas compris sa portée, pensant qu'elle avait été vivre ailleurs. Informée de cette lettre, Valérie Guirsch, après avoir téléphoné aux deux soeurs de Geneviève Lhermitte, a voulu se rendre chez elle et a appris par la police qu'elle avait tué ses enfants. Elle garde cependant son amitié envers Geneviève Lhermitte. "Je sais ce qu'elle a fait et il n'y a rien qui change", a-t-elle dit.
Les parents de Geneviève Lhermitte revoient leur fille
Les parents de Geneviève Lhermitte ont repris contact avec elle à l'occasion de son incarcération. Ils la rencontrent deux fois par semaine en prison. Ils ont expliqué jeudi comment leur fille avait progressivement coupé les ponts avec eux après sa rencontre avec Bouchaïb Moqadem.
Michel Lhermitte a dit ne pas comprendre ce qui a pu faire dire à sa fille en cours d'instruction que son enfance avait été un enfer. "Peut-être voulait-elle autre chose mais je ne l'ai pas remarqué", a-t-il dit au cours de son témoignage.
"Bouchaïb n'aime pas que l'on se voie"
Peu après le mariage de leur fille, les "visites se sont espacées de plus en plus", a dit Michel Lhermitte. Leur fille ne les a informés de la naissance que de les deux premiers de ses cinq enfants. "Elle disait Bouchaïb n'aime pas que l'on se voie", a expliqué Marina Lhermitte, indiquant qu'elle essayait d'avoir des contacts mais qu'elle se sentait malvenue. Quand elle téléphonait, "c'était toujours le coup de feu". "Finalement, j'ai laissé tomber", a-t-elle ajouté s'informant par l'intermédiaire de ses deux autres filles, Mireille et Catherine.
Celles-ci, tout comme des frère et soeurs de Bouchaïb Moqadem, figureront parmi les témoins entendus vendredi. (belga/acx)
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